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Une deuxième présumée victime de Claude Jutra brise le silence

Du nouveau dans l'affaire Claude Jutra : le quotidien La Presse rapporte samedi matin le témoignage d'une deuxième présumée victime. Il s'agit du scénariste Bernard Dansereau.

Dans une lettre envoyée au quotidien, il affirme que Claude Jutra, en état d'ébriété, s'est « glissé dans son lit » quand il avait 12 ou 13 ans, et qu'il a « tenté de l'entraîner dans un rapport sexuel ».

Le scénariste de Toute la vérité et d'Annie et ses hommes ajoute que c'est la seule et unique fois où Claude Jutra a commis un tel geste à son endroit. Il n'hésite toutefois pas à le qualifier de « pédophile ».

Le fils du producteur et réalisateur Fernand Dansereau dit qu'il a cessé de voir Claude Jutra pendant deux ans. Il a par la suite repris contact, et il n'a jamais été question de cette soirée malheureuse. À l'âge adulte, les deux hommes ont même travaillé ensemble.

Le témoignage d'une première présumée victime, mercredi, avait poussé l'organisme Québec Cinéma à retirer le nom « Jutra » du gala annuel du cinéma québécois.

Les Villes de Montréal, Québec, Lévis et Candiac ont également annoncé qu'elles retireraient le nom du cinéaste de leurs rues et leurs parcs.

Le critique de cinéma Michel Coulombe, un ami de Bernard Dansereau, est bouleversé par la nouvelle. « Trente ans de silence c'est terrible pour ces gens-là qui ont vu année après année un prix en hommage à Claude Jutra être remis sur la place publique, ce qui les a forcément ramenés à des moments douloureux de leur jeunesse et de leur enfance. »

Même s'il est difficile de dénoncer publiquement les gestes posés par une personnalité connue, le porte-parole du Centre de ressource et d'intervention pour les hommes abusés dans leur enfance, Sébastien Richard, s'attend à ce que d'autres victimes prennent la parole.

« Le fait d'en parler, il y a des gens qui se disent : "moi aussi ça m'est arrivé, donc je dois aller chercher de l'aide". Ne serait-ce que pour ça, l'exercice qui est fait depuis quelques jours va être extrêmement bénéfique pour bien des gens. »

Des défenseurs

En entrevue à Radio-Canada samedi, Micheline Lanctôt, comme d'autres avant elle, s'est portée à la défense de la mémoire de Claude Jutra. « Ce que j'ai vu, c'est un lynchage médiatique total, sans jugement, sans procès. Ce que j'ai vu c'est l'émotion publique. »

L'actrice et réalisatrice craint pour le rapport que le public pourrait entretenir à l'avenir avec l'œuvre du cinéaste. « La question qui se pose, c'est : est-ce qu'on ne devrait pas dissocier l'homme de l'œuvre? », demande-t-elle.

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