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Une fin de campagne effrénée aux États-Unis

À l'issue d'une campagne longue et acrimonieuse, Donald Trump et Hillary Clinton ont déployé leurs dernières énergies lundi pour tenter de convaincre les indécis. À coups de visites éclair dans plusieurs États pivots, les deux candidats à la présidentielle ont passé une dernière journée de campagne particulièrement occupée.

Les sondages restent serrés, même s'ils confèrent un léger avantage à la candidate démocrate, favorisée, par ailleurs, par la mécanique mathématique des grands électeurs.

Après le dernier rebondissement - la recommandation du FBI, dimanche, de ne pas poursuivre l'ex-secrétaire d'État pour avoir utilisé sa messagerie privée -, les deux camps, l'un mécontent, l'autre soulagé, ont tenu à mettre à profit les dernières heures de la campagne.

Donald Trump n'a d'ailleurs pas manqué d'évoquer la décision du FBI, reprenant sa rhétorique d'un « système complètement truqué », qui protégeait Hillary Clinton, lors du premier arrêt de sa dernière journée de campagne à Sarasota, en Floride.

« Mon contrat avec l'électeur américain commence par un plan pour mettre fin à la corruption du gouvernement et pour arracher notre pays - et l'arracher rapidement - à ces groupes de pression que je connais si bien », a-t-il affirmé devant ses partisans.

Prédisant sa victoire, le milliardaire new-yorkais a qualifié son adversaire de candidate « bidon ». « Nous sommes fatigués d'être dirigés par des gens stupides », a-t-il déclaré.

Avec ses 29 grands électeurs, la Floride fait partie des États visités par les deux camps lors de la dernière journée de ce sprint final. Ce dernier État pourrait à lui seul décider de la présidentielle s'il était perdu par Donald Trump.

Le candidat républicain s'est ensuite rendu en Caroline du Nord, où il a repris ses propos, promettant de mettre un terme à des « années de trahison ». « Ce sera un Brexit plus, plus, plus », a-t-il lancé, faisant allusion aux sondages qui prédisaient, à tort, une victoire du maintien de la Grande-Bretagne au sein de l'Europe, à quelques jours du vote.

L'homme d'affaires avait trois autres événements dans autant d'États pivots : Pennsylvanie, New Hampshire et Michigan.

Son colistier, Mike Pence, n'était pas en reste : en plus de se joindre à Donald Trump pour les deux derniers rassemblements, il a fait des arrêts de campagne au Minnesota, au Michigan et en Pennsylvanie.

Ivanka Trump et Donald Trump fils ont également fait campagne pour leur père.

Le camp démocrate aussi sur la route

Le Michigan et la Pennsylvanie ont aussi reçu la visite d'Hillary Clinton.

En début d'après-midi, la candidate a fait son premier arrêt en Pennsylvanie, où elle est retournée en soirée. « Demain, vous pouvez voter pour une Amérique remplie d'espoir, inclusive, au grand coeur », a-t-elle dit à des partisans réunis à Pittsburgh.

« La colère n'est pas un plan », a-t-elle lancé.

En soirée, le rassemblement à Philadelphie, en Pennsylvanie, qui promettait d'être l'un des moments forts de la journée du camp démocrate, a rassemblé plus de 40 000 personnes, un record pour Hillary Clinton, selon son équipe de campagne. Après Beyoncé et Jay Z, puis Katy Perry, il y a quelques jours, Bruce Springsteen et Jon Bon Jovi donnaient un spectacle pour la candidate.

Bruce Springsteen, monté sur scène après la performance de Jon Bon Jovi, a appelé les électeurs à choisir le « bon côté de l'histoire ». La légende du rock a dépeint Donald Trump comme un homme qui a une vision peu éloignée de sa propre personne. Il estime que le candidat républicain manque profondément de décence et qu'il agira en priorité pour ses propres intérêts avant la démocratie elle-même.

Mme Clinton était en outre accompagnée du président Barack Obama, de Michelle Obama, de son mari, Bill, et de leur fille, Chelsea.

Barack Obama a dit souhaiter voir les électeurs « rejeter la peur et choisir l'espoir » en votant pour Hillary Clinton. La candidate démocrate a lancé que son adversaire républicain était « totalement imprévisible », martelant que les Américains avaient le choix entre la division et l'unité.

Hillary Clinton a terminé sa campagne à Raleigh, en Caroline du Nord, un autre État clef dans la course aux 270 grands électeurs, avec une réunion en compagnie de la chanteuse Lady Gaga.

Tout au long de la journée, son colistier, Tim Kaine, Barack Obama, le vice-président, Joe Biden, Bill Clinton et l'ex-vice-président Al Gore ont participé à divers événements en Virginie, au Colorado, en Floride, en Caroline du Nord et au New Hampshire.

Un héritage démocrate à protéger

Le président Obama a notamment pris la parole à Durham, au New Hampshire, où il a souligné l'importance d'une victoire d'Hillary Clinton pour la pérennité de l'héritage légué par son administration. « Demain, vous pouvez décider si nous continuons sur le chemin du progrès ou si tout sera jeté par la fenêtre », a-t-il soutenu.

L'avenir de la réforme de la santé, une mesure phare de la présidence Obama que Donald Trump et les républicains promettent d'abroger, est notamment en jeu, tout comme celui de la Cour suprême, où un poste est vacant.

Comme l'ont fait les démocrates tout au long de la campagne, le président a également réitéré que le candidat républicain n'avait pas le tempérament nécessaire pour diriger les États-Unis.

« Si vos plus proches conseillers ne vous font pas confiance lorsque vous tweetez, comment pouvez-vous lui faire confiance avec les codes nucléaires? » a-t-il dit, évoquant un article du New York Times affirmant que l'équipe du candidat contrôlait ses tweets dans les derniers jours de la campagne. Des tweets intempestifs de Donald Trump ont souvent alimenté des controverses qui lui ont nui dans l'opinion publique.

Mme Clinton recueille 44,9 % des intentions de vote au niveau national contre 42,7 % pour Trump, selon la moyenne des plus récents sondages compilés par Real Clear Politics. Elle mène cependant dans suffisamment d'États pour être en meilleure posture dans la course pour la Maison-Blanche.

Le site FiveThirtyEight, qui établit des projections électorales en fonction des sondages selon un modèle statistique, lui confère 299 grands électeurs contre 239 pour M. Trump. D'autres sites en prédisent plus de 300 à l'ex-secrétaire d'État. La présidence se remporte avec une majorité d'au moins 270 grands électeurs.

En fin de journée, la Bourse de New York a clôturé en hausse de 2,07 %, mettant fin à une série de neuf séances consécutives de repli, du jamais-vu depuis plus de
35 ans. Les investisseurs semblent rassurés par les derniers développements de la campagne, en faveur d'Hillary Clinton.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

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