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Une jeune femme handicapée conteste la loi sur l'aide médicale à mourir

L'aide médicale à mourir devrait être disponible pour tous ceux qui souffrent de maladies graves et irrémédiables, même si leur mort naturelle n'est pas raisonnablement prévisible, soutiennent une femme handicapée de 25 ans de Chilliwack et l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique (ALCCB).

Julia Lamb est atteinte d'amyotrophie spinale, une maladie neurodégénérative. Elle soutient que la loi sur l'aide médicale à mourir ne lui permet pas de mettre fin à ses jours dans la dignité et s'est jointe à l'ALCCB pour contester la loi fédérale.

Julia Lamb dit devoir utiliser un fauteuil roulant depuis l'âge de 6 ans. Malgré sa maladie, elle a pu vivre une vie relativement normale et travaille aujourd'hui à temps partiel comme assistante en marketing. Néanmoins, sa situation s'aggrave. « Avec le temps, mes ligaments et tendons se contractent, ce qui limite ma mobilité et me cause de la douleur », souligne-t-elle.

La jeune femme affirme avoir besoin de quelqu'un pour l'aider dans ses soins personnels quotidiens, comme prendre son bain, ou pour se retourner dans son lit. « J'aimerais, si mes souffrances deviennent intolérables, être en mesure de prendre une décision définitive sur la quantité de souffrances à endurer », dit-elle.

Une loi inconstitutionnelle, selon l'ALCCB

Le président de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique, Josh Paterson, prétend que cette loi est inconstitutionnelle puisqu'elle exclut une classe de Canadiens, c'est-à-dire « ceux et celles qui souffrent sans fin [de vie] immédiate en vue ».

Selon lui, la loi fédérale ne respecte pas la décision de la Cour suprême de février 2015. Dans son jugement, le plus haut tribunal avait déjà signifié que l'aide médicale à mourir ne devait pas se limiter aux patients en phase terminale. La Cour suprême ouvrait la porte à l'aide médicale à mourir à trois conditions :

. Être un adulte capable d'offrir un consentement éclairé;
. Être atteint de problèmes de santé « graves » et « irrémédiables »;
. Éprouver des « souffrances persistantes qui lui sont intolérables au regard de sa condition ».

Les pressions continueront « sûrement », dit Justin Trudeau

La semaine dernière, le premier ministre Justin Trudeau a néanmoins convenu qu'il y aurait « sûrement », dans les mois et années à venir, « des pressions, des questions, des études qui vont continuer » alors que « les Canadiens vont vivre et fonctionner dans ce nouvel encadrement ».

La loi sur l'aide médicale à mourir est entrée en vigueur le vendredi 17 juin dernier, quelques heures à peine après que le Sénat l'eut approuvée à 44 voix contre 28. À l'issue du vote, certains sénateurs ont dit l'avoir approuvée en se pinçant le nez.

« C'est un choix à contrecoeur [...] parce que j'ai pensé aux patients qu'on laissait un peu en plan. J'avais un peu l'impression de les abandonner », a notamment affirmé le sénateur indépendant André Pratte après le vote.

« Mais en même temps, la question qui a vraiment été déterminante pour moi, c'est de penser qu'en définitive, c'est la Chambre des communes, c'est le gouvernement, qui est responsable des décisions », a-t-il ajouté.

De la Colombie-Britannique au Québec

Des contestations judiciaires pourraient être aussi à prévoir du côté du Québec, a mentionné la semaine dernière l'avocat Jean-Pierre Ménard.

Car l'adoption du cadre législatif fédéral, qui restreint l'accès aux personnes dont la mort naturelle est raisonnablement prévisible, a suscité « beaucoup, beaucoup de colère chez les gens à qui on a enlevé » un droit [à l'accès], selon l'avocat spécialisé en droit de la santé.

Et ces gens « n'entendent pas laisser les choses là », a soutenu Me Ménard en entrevue à La Presse Canadienne. « Il n'y avait pas de nouveau développement à signaler lundi, ce genre de dossier étant très long à monter si le patient est requérant », a expliqué l'avocat.

Le gouvernement libéral a soutenu à maintes reprises que sa loi sur l'aide médicale à mourir respectait l'arrêt Carter tout autant que la Charte canadienne des droits et libertés.

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