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Une mère partage un enregistrement de sa fille décrivant les tortures qu'elle subissait

Une mère en Nouvelle-Écosse partage un enregistrement de sa fille en espérant que le système judiciaire vienne à en faire plus pour aider les victimes de la traite de personnes.

Lorsqu'elle est morte dans un accident de voiture l'été dernier, le seul bien que possédait la jeune femme de 21 ans était un téléphone cellulaire avec lequel elle décrivait les tortures que lui infligeaient son proxénète et d'autres hommes.

« Ils aiment me brûler avec des cigarettes, mettre le feu à mes cheveux et me brûler avec leurs briquets », dit-elle dans un message de 45 secondes enregistré avec son téléphone avant son décès.

Sa mère a trouvé cet enregistrement environ un mois après les funérailles. Le pire pour la famille est le ton nonchalant de la jeune femme dans l'enregistrement, comme si elle avait l'habitude de tels traitements, explique la mère.

CBC/Radio-Canada ne révèle pas l'identité de la mère ni de sa fille ni certains détails de cette affaire pour des raisons de sécurité.

Appels infructueux à l'aide

Maintenant qu'elle connaît plus de détails sur les souffrances de sa fille, la mère presse le système judiciaire de faire plus d'efforts lorsque des familles demandent de l'aide.

Elle affirme que pendant trois ans elle a demandé l'intervention de services policiers en Nouvelle-Écosse, en Ontario et en Alberta. Selon elle, les policiers lui ont répété qu'ils ne pouvaient rien faire pour retrouver sa fille, même lorsqu'elle n'avait pas donné de nouvelles depuis des semaines.

Elle a été étonnée d'apprendre que les policiers ne pouvaient lancer un avis de recherche parce qu'ils ne savaient pas où se trouvait sa fille ou parce que cette dernière n'avait pas d'adresse fixe.

La dame ajoute qu'elle parlait à sa fille au téléphone, mais qu'elle a rarement eu l'occasion de la voir ces dernières années. Elle explique que sa fille, lorsqu'elle était adolescente, avait un esprit libre et n'aimait pas se conformer aux règles. Elle a commencé à découcher et à avoir de mauvaises fréquentations.

La mère soupçonne que sa fille a eu divers proxénètes qui, par la manipulation et la violence, gardaient une emprise sur elle. Elle dit avoir obtenu des dossiers médicaux qui prouvent que sa fille a été agressée et battue à plusieurs reprises. Il lui est arrivé d'avoir été hospitalisée pendant quatre jours. Dans un document, les médecins expliquent que la jeune femme aurait perdu la vie si elle avait reçu un seul coup de plus au visage.

Sensibilisation et appui

Aujourd'hui, la mère veut éviter que d'autres familles vivent ce genre de situation. Elle dit qu'il faut sensibiliser davantage le public au fléau de la traite de personnes. De nombreux malfaiteurs recrutent des jeunes filles et les font travailler dans la rue, dit-elle.

Jade Brooks, qui a été victime de traite de personnes de Halifax à Toronto durant son adolescence, estime aussi qu'il faut plus de sensibilisation. Elle ajoute qu'il faut en parler, et qu'il faut aussi aider les personnes qui témoignent et qui risquent de subir des représailles de criminels.

Aucune condamnation en Nouvelle-Écosse

Jusqu'à présent, il n'y a eu aucune condamnation pour traite de personnes en Nouvelle-Écosse. Il n'y en a eu qu'une poignée au Canada depuis 2010, l'année où la traite de personne est devenue un acte criminel.

Ingrid Brodie, substitut en chef du procureur général dans l'ouest de la Nouvelle-Écosse, affirme que le plus grand défi est de convaincre les victimes de témoigner.

Les victimes sont particulièrement vulnérables, explique Mme Brodie. Elle ajoute qu'il est très difficile pour elles de surmonter la honte et l'emprise des proxénètes, sans savoir si elles seront toujours vivantes le lendemain.

Avec les informations de Angela MacIvor et de Kristen Brown

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