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Une mise à jour économique d'ici Noël, promet le ministre des Finances Bill Morneau

Le nouveau ministre des Finances du Canada, Bill Morneau, affirme que le rapport rendu public mardi par le directeur parlementaire du budget n'est « pas vraiment une surprise ». Le rapport soutient que l'économie du pays s'est détériorée et que les déficits à venir seront plus élevés que prévu. 

En clair, l'économie du pays tourne au ralenti. Mais ces perspectives pessimistes ne désarçonnent pas le ministre Morneau, qui annonce par ailleurs qu'il publiera d'ici Noël une mise à jour économique. Le ministre des Finances affirme à cet effet que le rapport du directeur parlementaire du budget sera « utile ».

Le rapport ne comprend pas les mesures contenues dans la plateforme électorale du nouveau gouvernement. Le directeur parlementaire du budget fournira une mise à jour de ses perspectives quand il disposera des détails concernant la mise en oeuvre des mesures qu'entend mettre en oeuvre le gouvernement de Justin Trudeau.

À en juger par les propos prudents du nouveau ministre des Finances, les projections du directeur parlementaire du budget, toutes « pessimistes » soient-elles, ne semblent pas pour le moment faire dévier les libéraux de leur plan de match. Mais il n'en reste pas moins que le nouveau gouvernement devra composer avec la réalité dépeinte par le directeur parlementaire du budget.

Un portrait sombre

« Au cours des six derniers mois, les perspectives pour l'économie canadienne se sont assombries », annonce d'entrée de jeu Jean-Denis Fréchette, le directeur parlementaire du budget à Ottawa, dans son rapport.

« La croissance de l'économie canadienne ralentira, passant de 2,4 % en 2014 à 1,1 % en 2015, en raison surtout de la faiblesse des investissements des entreprises et des résultats modestes des exportations », dit Jean-Denis Fréchette.

Et, si la croissance est plus lente que ce qu'on avait pu espérer, c'est en raison de « la détérioration de l'économie mondiale ».

Parmi les autres observations du directeur parlementaire du budget, la question du déficit pèse lourd dans la balance. Certes, le directeur parlementaire du budget prévoit un surplus de 1,2 milliard cette année. Mais des déficits sont à craindre pour les cinq années à venir, notamment de 3 milliards de dollars pour 2016-2017.

Or, les libéraux de Justin Trudeau avaient prévu d'atteindre l'équilibre budgétaire en 2019-2020. Et, d'ici là, leur plan était de ne pas accumuler plus de 10 milliards de dollars en déficit pour chacune des deux années à venir.

Questionné à savoir comment il allait concilier ces promesses avec la situation décrite par le directeur parlementaire du budget, M. Morneau s'est montré prudent. Il a affirmé qu'après six jours seulement dans le poste de ministre des Finances, il n'était pas encore en mesure de préciser quelle direction il allait prendre.

« Il est prématuré de décider si nous allons repenser nos engagements tels que nous les avons établis dans notre plateforme », a déclaré Bill Morneau. 

Depuis son entrée en fonction, il s'agissait du premier point de presse accordé par Bill Morneau, qui s'envolera d'ici la fin de la semaine vers la Turquie, où il assistera en compagnie du premier ministre Justin Trudeau au sommet du groupe des vingt pays les plus industrialisés, le G20.

Quelques journalistes ont remercié Bill Morneau de prendre ainsi le temps de répondre à leurs questions. Une allusion à la difficulté qu'avait la presse à obtenir des entrevues du temps du gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Pour regarder l'entrevue avec Jean-Denis Fréchette sur votre appareil mobile, cliquez ici.

L'opposition conservatrice se montre sceptique

Tony Clement, député conservateur de la circonscription de Parry Sound-Muskoka, se demande comment les libéraux de Justin Trudeau vont faire pour éviter d'aggraver le déficit en ajoutant des milliards de dollars en dépenses supplémentaires.

Pétrole et récession technique sont à blâmer

Un autre facteur qui explique cette croissance plus faible qu'espéré de l'économie canadienne : les prix du baril de pétrole. Et d'affirmer e directeur parlementaire du budget : « Nos projections du mois d'avril étaient basées sur un baril de pétrole à 57 $ alors qu'il est maintenant rendu à 47 $, d'où la différence importante qui s'est produite ».

En ce qui a trait à la croissance des dépenses des consommateurs, le directeur parlementaire du budget prévoit un ralentissement, « les ménages s'adaptant à une diminution des revenus et de la richesse ».

Quant à l'investissement des entreprises, « il devrait continuer de régresser au cours du second semestre de 2015 pour ensuite progresser modestement au cours du premier semestre de 2016 ».

Sur une note un peu plus encourageante, et en dépit des déficits projetés, le rapport dette fédérale/PIB devrait passer de 31,0 % du PIB en 2014-2015 à 26,2 % du PIB en 2020-2021.

Le directeur parlementaire du budget a pour mandat de présenter au Parlement une analyse indépendante sur l'état des finances de la nation, le budget des dépenses du gouvernement ainsi que les tendances de l'économie nationale. 

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