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Une nouvelle coulée de lave force plus d’Hawaïens à évacuer Big Island

Des troupes de la Garde nationale de l'État, des policiers et des pompiers ont procédé tard vendredi et samedi matin à l'évacuation du dernier groupe de résidents de l'est de l'île d'Hawaï, quelques heures avant que la lave du volcan Kilauea coupe l'accès à la route.

Une coulée de lave d’une largeur équivalente à trois terrains de football s’est répandue sur l’autoroute près d’une intersection de Kapoho. La ville balnéaire a déjà été détruite en 1960 au cours d’une éruption du Kilauea.

Le flot de lave a coupé Kapoho et le projet immobilier Vacationland du reste de l’île, selon l’agence hawaïenne de protection civile.

Depuis mercredi,les autorités pressent les résidents de la région à quitter les lieux avant que la lave n’atteigne leurs demeures.

Environ 500 personnes vivent dans la région de Kapoho, mais on ne sait pas si des résidents ont choisi de rester dans leur demeure, et si oui, combien, selon la porte-parole de la protection civile Janet Snyder.

Quelque 2000 personnes avaient déjà été évacuées de leur résidence dans Leilani Estates, une région plus à l’ouest où des douzaines de maisons ont été englouties ou coupées par des rivières de lave depuis que le volcan Kilauea est entré en éruption, le 3 mai dernier.

La lave a aussi fait disparaître un lac d’eau douce, le lac Green, a rapporté l’observatoire volcanologique d’Hawaï tard samedi soir.

« Toute l’eau du lac a été transformée en grand panache de vapeur quand la lave s’est déversée par le cratère Kapopho », selon le rapport d’un survol du service des incendies.

Période d'anxiété

Pour ceux qui ont été épargnés par l'éruption volcanique, la longue période d’incertitude est de plus en plus éprouvante.

« Nous attendons la décision de Pele [la déesse hawaïenne des volcans] », lance Steve Kirkpatrick, un facteur à la retraite qui vit depuis 14 ans à Leilani Estates. Sa maison est intacte, mais exposée au danger.

« Vous tenez pendant trois semaines et vous pensez que tout va bien, mais vous pouvez quand même perdre votre maison », explique M. Kirkpatrick alors qu’il retourne dans son quartier avec sa femme pour aider des amis à quitter les lieux.

« L’inquiétude grandit à mesure que la lave s’étend », dit Kathy Kirkpatrick, alors qu’on peut entendre à distance le bruit de la lave qui jaillit du sol, un on semblable à un moteur à réaction.

La lave n’est pas le seul enjeu causé par l’éruption. Les émissions de dioxyde de soufre, un gaz toxique, sont aussi inquiétantes.

De même, les filaments de roches volcaniques produits par les fontaines de lave, appelés « cheveux de Pele »[en référence à la déesse des volcans], peuvent être transportés par le vent.

Nancy Avery, une résidente de l’île, compare ces filaments à des coupures de feuilles de papier. Elle explique qu’elle a été coupée aux doigts et aux pieds, puisqu‘elle portait seulement des sandales quand elle a tenté de ramasser un filament. « Le filament a comme fondu dans ma peau et m’a coupé, explique-t-elle. C’est tellement tranchant que j’ai l’impression que la vitre est encore là. »

Pertes matérielles

La lave, qui surgit depuis mai d’environ deux douzaines de fissures dans la zone de fracture de l’écorce terrestre sur les pentes du Kilauea, a aussi détruit des poteaux de téléphone et d’électricité et forcé la fermeture d’une centrale géothermique.

Deux édifices de la centrale ont été brûlés par la lave, une sous-station et un entrepôt qui abritait un appareil de forage, selon les autorités.

Le dernier réveil du Kilauea, un des volcans les plus actifs au monde, arrive dans la foulée d’un cycle presque ininterrompu de 25 ans, qui a débuté en 1983, détruisant plus de 200 habitations et autres structures.

Des explosions de gaz et de roches volcaniques, presque quotidiennes, de même que des tremblements de terre, accompagnent l’activité actuelle.

Dans les derniers jours, le sommet s’est toutefois calmé, car des tonnes de débris libérés des murs intérieurs du cratère sont tombés dans le vide et ont bouché le fond de la fente.

Les scientifiques ne savent pas si l’obstruction mettra fin aux éruptions ou si elle exercera plutôt une pression supplémentaire qui pourrait entraîner une explosion encore plus forte.

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