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Une nouvelle stratégie de sécurité nationale pour Trump

Le président des États-Unis a dévoilé lundi après-midi une nouvelle stratégie de sécurité nationale susceptible de traduire son slogan fétiche, « L'Amérique d'abord », en politique étrangère. La Chine et la Russie y sont décrites comme des « puissances révisionnistes », tandis que les changements climatiques ne sont plus considérés comme une « menace à la sécurité nationale ».

Donald Trump a présenté les quatre piliers de cette stratégie : protéger le territoire américain, promouvoir la prospérité américaine, utiliser la force pour préserver la paix et faire progresser l’influence américaine dans le monde.

« Les États-Unis sont de retour et ce retour se fait en force. Dès mon assermentation, j’ai annoncé que les États-Unis en reviendraient à un principe très simple : le premier devoir de notre gouvernement, c’est de servir ses concitoyens. Beaucoup d’entre eux ont été oubliés, mais ce n’est plus le cas. Avec chacune de nos actions, de nos décisions, nous allons maintenant faire passer les États-Unis en premier », a-t-il dit.

Au chapitre de l'immigration, le président Trump a fait allusion à la politique de son prédécesseur, Barack Obama, mais sans le nommer. « Les leaders à Washington ont imposé à notre pays une immigration, une politique d’immigration pour laquelle les Américains n’ont jamais voté, qu’ils n’ont jamais approuvée, une politique où les mauvaises personnes peuvent entrer chez nous et les personnes convenables sont rejetées. Comme d’habitude, les Américains ont dû porter le fardeau financier et payer la facture », a-t-il dit.

Dans sa stratégie, dont les premières informations ont été rendues publiques dimanche soir, l'administration Trump présente notamment la Chine et la Russie comme des puissances rivales qui « défient la puissance, l’influence et les intérêts » des États-Unis dans le monde, dans le but « d’éroder la sécurité et la prospérité » du pays.

Les deux pays y sont d’ailleurs considérés comme des « puissances révisionnistes », en raison de leur volonté de redéfinir l’ordre mondial. Le document évoque par exemple la politique interventionniste de Moscou en Ukraine et la volonté de Pékin d'établir sa souveraineté en mer de Chine méridionale.

« Ces concurrences requièrent que les États-Unis repensent leurs politiques des deux dernières décennies, des politiques basées sur la présomption, que l’engagement auprès des rivaux et leur inclusion dans les institutions internationales et le commerce mondial en feraient des acteurs bienveillants [benign actors] et des partenaires dignes de confiance », poursuit le document. « Pour l’essentiel, cette prémisse se révèle fausse. »

Cette description ne manque pas d’intriguer les spécialistes de la politique étrangère. Certains y voient une critique à peine voilée de l’approche préconisée par l’administration Obama envers l’Iran dans le dossier nucléaire, que le président Trump a toujours critiquée sans ménagement. D’autres soulignent qu’elle cadre mal avec l’approche que le président Trump a lui-même adoptée envers la Russie.

La politique ne fait par ailleurs aucune référence à l’ingérence russe dans le processus électoral américain, pourtant considérée comme un fait avéré par les services de renseignement américains.

Nouvelle donne au Moyen-Orient

Sur le plan géopolitique, la nouvelle stratégie du président Trump fait état de nouvelles occasions de faire avancer les intérêts américains au Moyen-Orient, une affirmation qui pourrait aussi faire sourciller dans la foulée de la décision de son administration de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Certains de nos partenaires travaillent ensemble pour rejeter les idéologies radicales et des leaders-clés appellent à rejeter l’extrémisme et la violence », peut-on y lire. « Encourager la stabilité politique et une prospérité durable contribuerait à atténuer les conditions qui alimentent les revendications sectaires. »

La stratégie reconnaît en outre que le conflit israélo-palestinien a longtemps été considéré comme le principal obstacle à la paix et à la prospérité du Moyen-Orient, mais précise qu'« aujourd’hui, les menaces des organisations terroristes djihadistes radicales et de l’Iran permettent de réaliser qu’Israël n’est pas la cause des problèmes de la région ».

« De plus en plus, des États trouvent des intérêts communs avec Israël dans cette confrontation avec des menaces communes », soutient la stratégie. Ce passage pourrait constituer une référence au fait que l'État hébreu a récemment proposé d’échanger plus de renseignements avec l’Arabie saoudite pour combattre leur ennemi commun, l’Iran.

La politique affirme par ailleurs que la compétitivité économique des États-Unis constitue « un sujet de sécurité nationale », et que la puissance militaire du pays doit servir à la soutenir. Washington, précise-t-on encore, cherche des échanges « justes » avec ses partenaires commerciaux.

Les changements climatiques ne sont plus décrits dans la stratégie comme une « menace à la sécurité nationale ». La dernière stratégie élaborée par l’administration Obama décrivait plutôt ce phénomène comme une menace « urgente et croissante ».

La nouvelle stratégie avance également que les États-Unis doivent « améliorer leurs capacités diplomatiques pour être concurrentiels » dans l’environnement actuel, une approche difficilement réconciliable avec la volonté de l’administration Trump de réduire le budget du département d’État de 30 %.

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