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Une ONG offre des pilules abortives aux femmes enceintes qui ont le virus Zika

L'ONG néerlandaise Women on Web a décidé d'expédier gratuitement des pilules abortives aux femmes qui sont enceintes depuis moins de 12 semaines et qui ont contracté le virus Zika, soupçonné d'être à l'origine de cas de malformations congénitales chez des nouveau-nés.

« Le virus Zika se répand pour la plupart du temps dans des pays où l'accès à l'avortement est très réduit », notamment dans des pays catholiques très conservateurs, explique Rebecca Gomperts, directrice de l'ONG.

« Le nombre d'avortements à l'aide de méthodes risquées pourrait augmenter, et cela nous préoccupe énormément », ajoute-t-elle. « Nous voulons nous assurer que les femmes ont accès à des avortements sûrs et médicalisés ».

L'ONG, qui milite pour l'accès à l'avortement, envoie des pilules abortives à travers le monde depuis sa fondation en 2005, mais a réitéré son appel lundi, sur son site web, pour les femmes concernées par le virus Zika.

Il s'agit en fait d'une combinaison de deux sortes de pilules entraînant un avortement sans chirurgie, possible jusqu'à la douzième semaine de grossesse, selon Mme Gomperts. L'ONG assure que cette méthode est efficace et sécuritaire, en s'appuyant sur une publication de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Women on Web indique sur son site que les femmes intéressées doivent répondre à un questionnaire en ligne, et qu'elles recevront leurs pilules après avoir envoyé des tests de laboratoire confirmant qu'elles ont contracté le virus.

Considérant le temps nécessaire pour la livraison, l'ONG cible spécifiquement les femmes qui sont enceintes de moins de neuf semaines au moment où elles entreprennent cette démarche.

Women on Web souligne sur son site que le gouvernement brésilien intercepte les colis contenant des pilules abortives. Elle invite Brasilia à suspendre cette approche tant que « l'épidémie » sera en cours.

Elle prévient en outre qu'il lui faudra de une à cinq semaines pour envoyer ces colis dans d'autres pays où elle craint que des femmes n'optent pour des avortements risqués.

Cela concerne la Colombie, la Bolivie, le Chili, le Paraguay, le Venezuela, l'Argentine, le Honduras, le Salvador, le Panama, la Guadeloupe, la République dominicaine et Haïti.

Pour consulter cette carte sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Le virus Zika a été déclaré « urgence de santé publique de portée internationale » par l'OMS, lundi, au terme d'une réunion de son comité d'urgence. Cette décision s'explique par le lien « fortement suspecté » entre le virus et des cas de microcéphalies.

Au Brésil seulement, les autorités recensent 4000 cas confirmés ou suspectés de cette maladie, qui se traduit par une tête et un cerveau anormalement petits chez les nouveau-nés.

L'OMS a fait savoir la semaine dernière que le virus se propage « de manière explosive » dans la région des Amériques. De 3 à 4 millions de personnes pourraient être infectées en 2016, selon elle.

Outre le Brésil, la Colombie, le Salvador, l'Équateur, la Jamaïque et Porto Rico ont d'ores et déjà recommandé aux femmes d'éviter toute grossesse tant que l'épidémie ne sera pas enrayée.

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