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Une part de mystère, 100 ans après le feu au parlement d'Ottawa

Le 3 février 1916, un incendie ravageait le parlement du Canada, fauchant du même coup la vie de sept personnes. Un siècle plus tard, des doutes persistent sur l'origine du brasier.

Un texte de Madeleine Blais-Morin

La soirée était froide. Le pays était en guerre. Mais à la Chambre des communes, c'est le prix du poisson qui occupait les débats. Le député de Yarmouth, Bowman Brown Law, s'était plaint de l'absence de plusieurs de ses collègues ce soir-là. Tout compte fait, c'était une bonne chose. Ce député allait être l'une des victimes de l'incendie.

Le feu a débuté peu de temps avant 21 h. En quelques heures, le feu a carbonisé la structure. Pour les parlementaires, le personnel et les visiteurs, chaque minute était comptée.

En plus d'un député, quatre employés de l'État et deux visiteuses ont péri dans l'incendie.

Les deux femmes étaient reçues par la famille du président de la Chambre des communes qui, à l'époque, avait ses appartements dans l'édifice du Centre.

À l'issue de ce spectacle désolant, une pièce maîtresse du parlement sera épargnée : la bibliothèque. Celle-ci sera sauvée grâce au travail des pompiers et à la prévoyance d'un bibliothécaire, qui a ordonné de fermer les portes en acier qui séparaient la pièce du reste de l'édifice.

Le mystère perdure

La thèse la plus commune de l'origine du drame est plutôt banale. Un cigare mal éteint dans la salle de lecture du parlement aurait provoqué l'incendie. Dans ce lieu entouré de bois fraîchement verni et rempli de journaux et de livres, le feu avait de quoi s'alimenter.

Mais à l'époque, la théorie du complot se propage aussi vite que les flammes. Il faut se remettre dans le contexte de la Première Guerre mondiale, rappelle Xavier Gélinas.

« Le Canada était en guerre de manière très ferme depuis un an et demi contre l'Allemagne, et l'Allemagne faisait du sabotage dans les pays qui lui étaient opposés, explique-t-il. Il est tout à fait possible, mais improuvable ou en tous cas non prouvé, que ce soit de source allemande. »

Peu importe les causes de l'incendie, les parlementaires ont refusé de se laisser abattre. Ils ont siégé, dès le lendemain, à l'ancien Musée Victoria - aujourd'hui le Musée canadien de la nature -, jusqu'à ce que l'édifice central du parlement rouvre ses portes quatre ans plus tard.

100 ans plus tard, un nouveau déménagement

C'est en 2018 que la restauration complète de l'édifice du Centre devrait commencer. La Chambre des communes sera déplacée dans la cour de l'édifice de l'Ouest pour toute la durée des travaux, qui devraient s'étaler sur environ 10 ans.

Cette fois, le gouvernement a eu le temps de se préparer au déménagement. Un récent document du ministère des Travaux publics rapporte que « plus de 5000 objets d'art, artefacts et biens à valeur patrimoniale ont été répertoriés dans l'édifice du Centre ».

Pour Johanna Mizgala, conservatrice de la Chambre des communes, le premier édifice avait été conçu au 19e siècle, pour le pays de l'époque, tandis que celui qui a succédé au feu était plus adapté au 20e siècle. À son avis, il faut réfléchir à ce que l'on veut pour les 100 prochaines années.

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