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Une pétrolière accusée de retenir ses travailleurs malgré eux

Une pétrolière au nord de Fort McMurray réfute les allégations d'employés, qui disent qu'on leur interdit d'évacuer leur lieu de travail, malgré le brasier qui prend de l'ampleur. La compagnie Canadian Natural Resources Limited (CNRL) estime qu'il n'y a aucun danger autour du site.

En après-midi samedi, l'entreprise pétrolière qui exploite le site de Horizon a indiqué que la « sécurité de nos employés est primordiale ». « La fumée à notre site Horizon a augmenté durant la nuit, mais avec les conditions changeantes, la qualité de l'air s'est améliorée ce matin avec des vents en direction du sud-ouest ».

L'entreprise dit avoir des appareils qui surveillent la qualité de l'air sur place.

CNRL nie qu'elle empêche ses employés de quitter le site de travail. « Si un employé veut quitter notre site, il peut le faire sans répercussions de la part de l'entreprise et nous l'aiderons à faire des arrangements », dit l'entreprise dans une réponse envoyée par courriel à Radio-Canada.

Un employé, Jean-Marc Bujold, était à Calgary cette semaine, prêt à revenir à Montréal, quand sa compagnie a rappelé ses employés. Il est donc revenu au travail jeudi.

« Ce matin, quand on s'est levé, on avait de la misère à voir à 75-100 pieds en avant. Le site est paralysé, on est quelque 1000 travailleurs », a-t-il dit à Radio-Canada samedi.

La compagnie a laissé entendre aux employés qu'ils seraient peut-être évacués « dans les prochaines heures ». « On espère que ça va se faire, car on a deux feux de chaque bord qui s'en viennent vers nous », a ajouté M. Bujold, estimant que ses collègues commençaient à « paniquer ».

Exposés à la fumée, les travailleurs commencent en outre à avoir mal aux yeux et à vomir, dit-il.

L'épouse d'un employé de CNRL, Steve Chevrette, corrobore les propos de M. Bujold. « Ce matin, la situation est critique! Épaisse boucane envahit les camps! Ils leur demandent de continuer à travailler dans une situation extrême! », écrit Pascale Landry à Radio-Canada.

Son époux a pu quitter le site, mais il a dû donner sa démission avant, dit-elle.

La compagnie refusait jusque là d'évacuer ses employés parce qu'il n'y a pas d'avis d'évacuation obligatoire pour la région, et ce, même si les entreprises avoisinantes ont presque toutes évacué leurs employés par mesure préventive.

C'est le cas notamment de la pétrolière Syncrude qui a suspendu ses activités dans la région, et commencé samedi à retirer son personnel des sites Aurora et Mildred Lake.

Les pétrolières Suncor, Imperial, Nexen Energy ULC et Athabasca Oil Corp ont également suspendu, du moins partiellement, leurs activités dans la région.

Pas de menaces de congédiement

Selon M. Bujold, une entreprise qui fait de la maintenance sur le site de CNRL, Panels and Pipes, oblige aussi ses employés à rentrer au travail et à y rester, sans quoi ils seraient congédiés.

Ces affirmations sont, elles aussi, niées en bloc par le président de Panel and Pipes, Jean-Paul Legault. « Il n'a jamais été question d'obliger nos employés à travailler, s'ils veulent quitter, ils peuvent le faire ». « Si nos employés [ont peur], ils peuvent s'en aller quand ils le veulent », dit-il.

Selon lui, aucune menace de congédiement n'a été faite aux employés qui quitteraient leur lieu de travail. « Nos avions peuvent les ramener dès qu'ils le veulent. »

Avec des informations de Marie-Claude Montambault, de Laurence Niosi et de Stéphanie Rousseau

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