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Une plainte pour harcèlement criminel laissée sans suivi

Radio-Canada a appris qu'une jeune mère de famille de la région de Mont-Saint-Hilaire a porté plainte pour harcèlement criminel auprès de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent et qu'aucun suivi n'a été fait.

La jeune femme, qui vivait une séparation récente, a porté plainte à l’automne contre son ex-conjoint parce qu’elle aurait reçu des menaces et craignait pour sa sécurité et celle de ses proches. Elle a expliqué aux policiers que son ex-conjoint avait tenté d’entrer en collision avec son véhicule.

Elle dit s’être rendue au poste de police et avoir rencontré un patrouilleur qui a pris sa déposition. Il lui aurait expliqué qu’un enquêteur communiquerait avec elle trois jours plus tard et qu’il relèverait les textos de menaces de son téléphone.

« J’ai toujours redouté le moment où je devais porter plainte par peur des retombées. Suite à cela, malheureusement, je n’ai jamais eu de nouvelles de la part des enquêteurs. Une semaine plus tard, j’ai décidé moi-même de les appeler pour donner suite puisque je n’avais eu aucune nouvelle », explique la plaignante, qui a requis l’anonymat.

Elle a laissé un message au patrouilleur qu’elle avait rencontré, mais il ne l’aurait jamais rappelée.

Deux mois et demi plus tard, la procureure de la Couronne a appelé la plaignante, car la plainte était sur son bureau, mais il n’y avait aucun élément au dossier et elle ne comprenait pas pourquoi. La plaignante, découragée, a alors décidé d'abandonner sa plainte.

L’inspecteur-chef de la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent, Yanic Parent, qui a pris connaissance du dossier, confirme qu’une demande avait été faite pour relever les textos de la femme, mais il ne peut expliquer pourquoi cela n’a pas été fait ni pourquoi les enquêteurs n’ont pas rappelé la plaignante.

« Le policier dans ce dossier-là a pris une plainte, a pris au sérieux la dame, il a pris sa déclaration, il lui a posé des questions. Ce dossier-là n’est pas resté sur une tablette, il a été soumis à un procureur qui a analysé les éléments de preuve », affirme M. Parent.

« Ce qui s’est passé précisément dans le cas de madame, malheureusement, il me manque des informations pour être en mesure de vous répondre [...]. » M. Parent assure avoir contacté la plaignante après l'entrevue accordée à Radio-Canada, et qu'il attend qu'elle le rappelle.

« C’est certain que, au même titre que la première fois, je crois pertinemment qu’elle va être prise au sérieux et d’un autre côté, on pourra vérifier avec la dame en question ce qui s’est passé et de quelle façon exactement. Je n’ai pas eu malheureusement la chance de lui parler jusqu’à maintenant, mais on pourra vérifier avec elle ce qu’il en est exactement des éléments qui se sont passés au fil du temps », ajoute-t-il.

Agir dans les 24 heures

Pour l’ancien inspecteur au Service de police de la Ville de Montréal Guy Ryan, les cas de violence conjugale doivent être pris au sérieux. « On ne peut pas se faire répondre que l’on va vous appeler dans une semaine ou une semaine et demie. S’il arrive quelque chose de grave d’ici là, on va être blâmés. »

Une fois la plainte déposée, le dossier passe entre les mains des enquêteurs, qui doivent entrer en contact avec la victime dans un délai très raisonnable, soit de 24 heures dans le cas de violence conjugale, selon M. Ryan.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’a pas voulu commenter le dossier.

Le meurtre de la jeune Daphné Boudreault à Mont-Saint-Hilaire, la semaine dernière, a soulevé des questions sur la façon de traiter les plaintes pour violence conjugale. Elle avait aussi fait appel à la Régie intermunicipale de police Richelieu-Saint-Laurent.

Avec les informations de Karine Bastien

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