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Une plus grande place pour les Autochtones dans les manuels scolaires, mais encore du travail à faire

Les Autochtones occupent aujourd'hui une place plus importante dans les manuels scolaires que dans les années 1970-1980, selon des enseignants et des chercheurs. Ils estiment toutefois qu'il reste du chemin à parcourir pour défaire les stéréotypes et l'image folklorique qui persiste.

Des spécialistes ont présenté leur point de vue lors d'une discussion organisée par la revue Recherches amérindiennes du Québec, devant une salle comble. Il n'y avait pas de représentant du ministère de l'Éducation, même si les organisateurs avaient lancé une invitation.

La directrice de l'Institut d’études canadienne et québécoise à l'Université de Brême, en Allemagne, Helga E. Bories-Sawala, constate que les manuels scolaires mentionnent la présence des Autochtones lors de l'arrivée des Européens, mais qu'il y a un vide durant le 18e et 19e siècle. Les Autochtones refont leur apparition plus tard, au 20e siècle, en revendiquant leurs droits ancestraux et une reconnaissance de leur territoire. Ses observations découlent d'analyses des manuels scolaires et de sondages menés auprès des jeunes.

Helga E. Bories-Sawala constate que l'image que les jeunes ont des Autochtones est aussi façonnée par les médias et la société en général.

Pour sa part, l'enseignant au secondaire Charles Lévesque déplore que les manuels scolaires véhiculent une « image folklorique et stéréotypée des Autochtones ». Il pense qu'il y a du chemin à faire pour améliorer la représentation des Autochtones. Il observe qu'il y a encore beaucoup trop de préjugés envers les Autochtones, mais il ajoute que ceux-là doivent être défaits par l'éducation.

L'ethnologue Sylvie Vincent, et commentatrice lors de cette discussion, abonde dans le même sens. Elle précise que les manuels donnent une image figée des Autochtones. « Les Algonquins sont présentés comme des chasseurs et des nomades, et les Iroquoiens comme des agriculteurs et des sédentaires », illustre-t-elle.

Des efforts déployés, mais insuffisants

L'enseignant en histoire à l'Institut Kinua, Médérik Sioui, reconnaît qu'il y a des efforts pour donner une plus grande place aux Autochtones dans le programme d'histoire, notamment en donnant plus d'informations sur les Autochtones et d'en faire mentionner plus souvent. Il déplore toutefois le fait qu'on ne donne que des bribes d'information, et qu'on ne parle pas des nations qui vivent à l'extérieur de la province.

Il donne l'exemple de l'Institut Kinua, un collège autochtone, on enseigne l'histoire des Premières Nations de l'Amérique du Nord-Est.

Médérik Sioui a participé à la consultation organisée auprès du milieu autochtone au sujet du contenu des prochains manuels d'histoire destinés aux élèves de secondaire 3, organisée par le ministère de l'Éducation. Les nouveaux livres ne sont pas encore disponibles. Il conseille aux futurs enseignants d'inviter des personnes âgées autochtones ou des spécialistes des questions autochtones en classe pour bonifier l'offre de contenu.

Un des commentateurs et organisateur de la rencontre, Pierre Trudel, explique que le Québec a décidé d'apporter des modifications aux manuels scolaires à la suite des recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation. Selon lui, il y a une volonté d'y consacrer une plus grande place aux pensionnats autochtones et d'inclure les personnages historiques autochtones, notamment.

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