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Une première commission scolaire des Premières Nations au pays

Le tout premier conseil scolaire des Premières Nations au Canada verra bientôt le jour au Manitoba, grâce à un accord que la ministre fédérale des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, est venue signer à Winnipeg.

L'accord prévoit également un financement pour l'éducation dans les réserves manitobaines qui « comblera le fossé » qui la sépare de celle offerte aux autres jeunes Canadiens.

À l’heure actuelle, bien des écoles dans les réserves de la province n’ont pas les moyens nécessaires pour offrir des cours de langue, installer un laboratoire informatique ou même acheter de l’équipement sportif. Ces lieux d’enseignement ont aussi de plus grandes difficultés à recruter et à maintenir en poste des enseignants qualifiés, car les salaires qu’ils peuvent offrir sont loin d’être concurrentiels.

Un écart gênant

En février, l'ancien premier ministre canadien Paul Martin soulignait que le gouvernement fédéral dépensait de 30 % à 50 % de moins par élève dans les 500 écoles se trouvant dans les réserves des Premières Nations, par rapport aux écoles gérées par les provinces.

Un rapport publié la semaine dernière par le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, lui donne raison : à l’échelle nationale, l'écart entre le financement accordé aux écoles autochtones et celui que reçoivent les écoles des réseaux provinciaux se situe entre 336 et 665 millions de dollars pour l’année scolaire 2016-2017.

Cet écart a été signalé par le Tribunal canadien des droits de la personne, qui a conclu en janvier que le fédéral n'offrait pas des services aux enfants vivant dans les réserves à la hauteur de ceux fournis à l'extérieur des réserves.

Le nouvel accord signé vendredi augmentera de 51 % environ l’investissement global d’Ottawa dans les écoles adhérentes, regroupées sous l'égide du Centre de ressources éducationnelles des Premières Nations du Manitoba, responsable de la nouvelle division scolaire.

À titre d’exemple, la Première Nation ojibway de Brokenhead, qui reçoit actuellement 6000 $ par année pour chaque élève, obtiendra environ 17 000 $ par élève par année dans le cadre du nouveau modèle de financement, soulève le directeur de l’éducation de Brokenhead, Kevin Kipling.

M. Kipling explique que selon les termes de l’accord, le financement du gouvernement fédéral est remis directement à la nouvelle commission scolaire. Cette dernière prélève des frais administratifs de 10 % et envoie le montant qui reste à la Première Nation, qui est libre de dépenser l’argent à sa guise.

Douze Premières Nations manitobaines adhèrent à la nouvelle division scolaire, qui comprendra 13 écoles et accueillera environ 3000 élèves, et au moins quatre autres ont manifesté leur intérêt. Celles-ci attendent de voir le fonctionnement et l’efficacité de la nouvelle division scolaire avant d’y adhérer.

Promesse électorale

Le financement de l’éducation dans les Premières Nations était une des premières promesses formulées par Justin Trudeau pendant sa campagne électorale. Le futur premier ministre avait alors annoncé un investissement de 2,6 milliards sur quatre ans pour améliorer l'éducation primaire et secondaire dans les réserves du pays.

Dans son premier budget, le gouvernement Trudeau a consacré la somme promise à l’éducation dans les réserves, mais sur cinq ans au lieu de quatre.

En outre, le financement augmente significativement dans les dernières années du plan, puisque 801 millions sont prévus dans la dernière année du plan quinquennal, au-delà du présent mandat des libéraux au pouvoir.

D'après un texte de Karen Pauls (CBC)

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