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Une première visite pour Justin Trudeau en Afrique

Le premier voyage officiel du premier ministre Justin Trudeau sur le continent africain le conduira dans deux pays parmi les moins avancés de la planète sur le plan économique. Il s'arrêtera d'abord au Liberia avant de participer au Sommet de la Francophonie à Madagascar. Quel message voudra-t-il envoyer?

Depuis qu’il a été élu, il y a un peu plus d’un an, le gouvernement Trudeau clame que le Canada est de retour sur la scène internationale. Qu’en est-il au sujet du continent africain?

Justin Trudeau affirme que sa visite au Liberia et à Madagascar « témoigne d'un engagement renouvelé du Canada envers l'Afrique ».

Il tient à faire avancer des dossiers, notamment au sujet de l’égalité des sexes, de la santé, de la paix et de la sécurité.

Un volet de ce réengagement pourrait inclure le déploiement de soldats canadiens dans des opérations de paix. Le gouvernement semble résolument avoir l’Afrique sur son écran radar, mais il n’est pas prévu que le premier ministre canadien annonce, au cours de cette visite, où seront déployés les 600 membres des Forces armées canadiennes qui seront mis à la disposition des Nations unies.

Les femmes et les filles

Le premier ministre veut d’abord et avant tout insister sur le thème des femmes et des filles, dans la première portion de son voyage, au Liberia. La visite dans ce pays n’a pas été choisie au hasard. Justin Trudeau rencontrera la présidente Ellen Johnson Sirleaf, la première femme élue chef d'État en Afrique. Elle a reçu le Nobel de la paix en 2011, notamment en raison de ses efforts pour faire avancer les droits des femmes.

Selon la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, le Canada est bien placé pour faire avancer les causes que le gouvernement canadien a à coeur.

C'est sûr qu'on veut profiter de ce momentum, où le Canada jouit d'un préjugé favorable partout où on va. On est accueilli à bras ouverts. On a vraiment cette capacité de jouer un rôle de leader positif.

Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie

La ministre Bibeau compte d’ailleurs, dans le cadre du Sommet de la Francophonie, mettre de l’avant une résolution visant à lutter contre les mariages précoces et forcés d'enfants. 

Le Directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire à l’UQAM, François Audet, donne raison au gouvernement à ce chapitre. Il affirme que les projets d’aide au développement qui fonctionnent le mieux sont ceux qui touchent les femmes. « Je pense que c’est une très bonne idée qu’un pays comme le Canada mette cet enjeu en haut de la liste des politiques qu’il veut favoriser ».

Il émet toutefois un bémol. Le gouvernement canadien devrait à son avis être plus cohérent. Il donne en exemple le contrat de vente de véhicules blindés à l’Arabie saoudite.

« C’est un des pires pays au chapitre de la protection des droits de la personne en général et du respect des droits de la femme avec lequel le Canada est extrêmement engagé dans le commerce », dit-il.

L’aide internationale en Afrique encore à définir

La ministre Bibeau indique que le nouveau cadre régissant la politique et le financement de l’aide internationale du Canada sera présenté au début de l’an prochain. Mais elle insiste déjà sur les grands principes qui guideront cette politique.

« C'est clair, mon mandat est de recentrer l'aide internationale sur les personnes les plus pauvres, les plus vulnérables et les États fragiles », explique-t-elle.

Alors que sous l’ancien gouvernement Harper, les politiques d’aide internationale étaient entre autres influencées par des considérations commerciales, la ministre Bibeau assure que ces intérêts ne seront plus une motivation première.

En même temps, une fois qu'on travaille avec ces pays-là et qu'on les aide à se développer au niveau de la croissance économique, ça développe des marchés pour les Canadiens, on a une bonne relation avec ces pays-là, ça peut nous aider.

Marie-Claude Bibeau, ministre du Développement international et de la Francophonie

Selon François Audet, l’aide internationale a toujours été intéressée.

« Mais plus on s’engage avec les acteurs et les parties prenantes de l’aide internationale, plus on répond aux enjeux de lutte contre la pauvreté parce qu’on s’éloigne de nos intérêts égoïstes propres d’une politique étrangère », fait-il valoir.

Il salue d’ailleurs l’exercice de consultation mené par le gouvernement pour renouveler la politique canadienne en matière d’aide internationale. Selon les données du ministère, 300 consultations ont été menées dans au moins 65 pays.

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