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Une publicité imitant l'accent québécois sème la controverse sur les réseaux sociaux

La société française de télécommunications Orange a lancé une publicité qui fait grand bruit sur le web, dans laquelle un client imite l'accent québécois. Ledit Québécois utilise des anglicismes qui n'ont pas cours dans la province, en plus d'utiliser des jurons et autres clichés, comme le port de la chemise à carreaux.

La publicité montre la caricature d'un Québécois maladroit entrer dans une boutique de la société Orange après s'être fait voler son téléphone cellulaire. Il utilise un langage que le Français au comptoir ne comprend pas. La publicité sert à promouvoir la plate-forme « Mieux vous comprendre pour mieux vous aider » de l'entreprise.

Dépassé par le dialecte de son interlocuteur, le commis de l'entreprise utilise alors une application qui lui permet de se faire comprendre du Québécois en adoptant son niveau de langage et son accent.

Parmi les critiques formulées envers la publicité sur les médias sociaux, plusieurs relèvent que le Québécois utilise des anglicismes comme « customer », « pickpocket » ou « for free », qui ne sont pas utilisés au Québec. D'autres déplorent l'emploi hors contexte d'expressions comme « attache ta tuque », « tire-toi une bûche », de même que le sacre « câlice ».

Tout en soulignant les travers de l'accent québécois et en lui prêtant des anglicismes qui ne sont pas employés de ce côté de l'Atlantique, la publicité offre de prêter à ses clients un « smartphone » en cas de perte.

Sur Facebook, plusieurs Québécois mécontents ont pris d'assaut la page d'Orange. La société s'est toutefois défendue sur le réseau social, en assurant que l'acteur de la publicité est québécois et que les dialogues ont été « révisés par des Québécois ».

Orange a également parodié un « papy » et une « working girl » dans la même campagne publicitaire.

Imitation ou évocation?

« Franchement, ça me fait rire », commente le fondateur du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, qui ne comprend pas la controverse entourant la parodie. « Il faut accepter, puisqu'on se moque des autres, qu'on se fasse moquer de soi un peu. »

« La langue, ça bouge », poursuit M. Rozon. « J'ai trouvé ça plutôt sympathique même s'il y a des erreurs, des expressions qu'on n'utilise pas au Québec. À la fin de la journée, est-ce que c'est une imitation ou une évocation? », s'interroge-t-il. « Je pense que c'est plutôt une évocation faite de bonne foi. »

« On le fait nous aussi quand on se moque des Français entre nous, précise-t-il. Quand on essaie d'imiter leur accent, on doit être assez pitoyable. Il y a très peu de gens qui arrivent à le faire. »

M. Rozon, qui a plusieurs amis français, admet se lasser qu'on se moque du juron « tabarnak » comme si c'était le seul juron que les Québécois connaissent. « La France est un pays impérialiste, et elle aime bien nous traiter en p'tit cousin, confie M. Rozon. Ça, c'est la partie que moi je trouve un peu fatigante, ou déplorable des fois. »

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