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Une rentrée parlementaire à Québec marquée par de bonnes résolutions

Les travaux parlementaires ont repris mardi à l'Assemblée nationale sur une note bien symbolique avec l'adoption d'une motion pour limiter les applaudissements intempestifs qui caractérisent depuis des décennies la période de questions et réponses orales, histoire de donner une apparente civilité aux échanges.

« Si on baisse le ton, on va se rapprocher du fond des choses », a déclaré le leader parlementaire du Parti québécois, Bernard Drainville, qui a présenté la motion, adoptée aussitôt à l'unanimité et... sans applaudissements. Même si, en principe, les parlementaires auraient pu s'applaudir puisqu'il ne s'agissait pas, alors, de la période de questions.

Cette petite révolution dans les formes a été saluée par François Bonnardel de la Coalition avenir Québec comme un signe que « l'Assemblée nationale a changé; les Québécois ont voulu que cette Assemblée change ».

Manon Massé de Québec solidaire a pour sa part parlé de la nécessité de « changer cette culture de guerre qui nous anime pour nous amener vers une culture de collaboration ».

De son côté le leader du gouvernement libéral, Jean-Marc Fournier, a expliqué qu'il s'agissait d'une limite que veulent se donner les députés pour avoir des débats plus respectueux. Et M. Fournier a lancé cet appel au président de l'Assemblée : « Aidez-nous à être plus disciplinés et, donc, sentez que vous avez toutes les marges de manœuvre pour appliquer le règlement que nous avons ».

Un petit « clap » rompt le silence

Mais comme toute habitude est difficile à éliminer, un tout petit « clap » s'est fait entendre lorsque le chef de l'opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, a posé la toute première question, sur l'éducation. « Il y a presque eu des applaudissements mais nous allons apprendre ensemble », a commenté, amusé, le premier ministre Philippe Couillard.

Outre les applaudissements désormais réprimés, l'adoption de la motion signifie aussi que les députés devront faire montre de ponctualité. « Il y a un problème, on ne commençait jamais à l'heure », de résumer sans ambages le vice-président de l'Assemblée nationale, François Gendron. Or, mardi après-midi, les travaux ont commencé piles, à quelques secondes près.

L'éducation, le cheval de bataille de l'opposition

À en juger par cette première période de questions après un congé de trois mois, il est manifeste que l'opposition a choisi le ministre de l'Éducation, François Blais, comme cible de ses attaques.

Les négociations dans le secteur public retiennent l'attention alors qu'un premier syndicat, la Fédération autonome de l'enseignement, a annoncé la tenue prochaine de trois journées de grève. « Ça ne fera pas progresser les négociations en tout cas », a commenté M. Blais dans un impromptu de presse en matinée.

À l'approche de ces débrayages, les partis d'opposition ne laissent pas de répit au ministre qui va devenir, de l'avis du député péquiste du Lac-St-Jean Alexandre Cloutier, « le ministre du décrochage ».

Le ministre de l'Éducation réfute les affirmations du député Cloutier en affirmant que « le Québec a eu une excellente nouvelle la semaine dernière puisque le décrochage scolaire continue d'être à la baisse ». Et il affirme miser gros sur un « forum des idées [...] l'événement de l'automne en éducation » qui se tiendra les 25 et 26 septembre.

Le ministre de l'Éducation François Blais devrait, quant à lui, déposer son projet de loi pour réformer les commissions scolaires. Il précisera alors la structure des organismes qui doivent prendre leur relève.

Une rentrée empreinte de « morosité »

En réponse aux propos du député Roberge de la CAQ, François Blais a dit ne pas nier « que l'impact des compressions est réel ». Mais il est d'avis que « plusieurs commissions scolaires s'en tirent mieux que d'autres ». 

Relativement aux commissions scolaires, d'ailleurs, le ministre Blais doit déposer son projet de loi pour les réformer. Il précisera alors la structure des organismes qui doivent prendre leur relève. D'ores et déjà, le premier ministre Philippe Couillard a tenu mardi à affirmer que son gouvernement agirait « de façon déterminée pour nous assurer qu'il y ait plus de ressources et d'autonomie dans l'école [...] Que la commission scolaire ou l'organisme régional soit en soutien à l'école plutôt qu'en position de domination et que l'élaboration du projet éducatif se fasse à l'école même ».

L'opposition officielle fait peau neuve

La nouvelle session fournira l'occasion aux nouveaux membres du cabinet fantôme de chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, de se faire valoir. Le cabinet fantôme a été remanié la semaine dernière.

La reprise des travaux offrira aussi au chef de l'opposition officielle l'occasion d'imprimer davantage sa marque, après avoir été élu chef du PQ en mai. M. Péladeau devrait aussi chercher à stimuler la base militante de son parti en mettant sur pied différents projets.

La décision de M. Péladeau de confier son bloc de contrôle de Québecor à une société mandataire pourrait aussi alimenter les débats.

La Coalition avenir Québec se présente pour sa part en chambre avec une députée en moins. Sylvie Roy, députée d'Arthabaska, a annoncé il y a quelques semaines qu'elle quittait le parti pour siéger comme indépendante en raison d'un différend avec son chef, François Legault.

La CAQ devra aussi se méfier d'une potentielle polarisation des débats entre le premier ministre Philippe Couillard et M. Péladeau, qui dit haut et fort vouloir ramener la question de la souveraineté du Québec à l'avant-plan.

Le parti de François Legault cherche actuellement à se redéfinir comme « parti nationaliste ».

Du côté des libéraux, deux nouveaux députés ont fait leur entrée à l'Assemblée nationale, soit Sébastien Proulx et Véronique Tremblay, respectivement élus lors d'élections partielles tenues dans Jean-Talon et Chauveau en juin dernier.

L'étude de projets de loi reprend

L'étude de plusieurs projets de loi reprendra, après avoir été interrompue à la fin de la session l'an dernier. C'est notamment le cas du projet de loi 59 sur les discours haineux, et du projet de loi 20 sur les conditions de rémunération des médecins.

Le premier ministre Philippe Couillard devrait quant à lui présenter de nouvelles cibles de réduction des gaz à effet de serre à l'horizon 2030, en vue de la conférence internationale sur le climat de Paris, à laquelle il doit assister.

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