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Une saison de la grippe particulièrement virulente?

La souche principale de la grippe, qui commence à se propager cette année, fait croire à certains experts de la santé publique que le bilan pourrait s'avérer plus lourd que l'an dernier.

La souche en question est de type H3N2, une sous-catégorie d'influenza qui frappe plus durement les personnes âgées, ce qui se traduit généralement par davantage d'hospitalisations et plus de décès. Des éclosions du virus ont d'ailleurs été rapportées dans des hôpitaux et des établissements de soins de longue durée à travers le pays.

Au total, plus de 6000 tests ont été déclarés positifs depuis le début de la saison. Il ne s'agit que de cas confirmés en laboratoire, ce qui laisse deviner un bilan bien plus élevé.

La grippe H3N2 fait notamment des ravages en Alberta, où 13 personnes sont mortes et 478 autres ont été hospitalisées jusqu'à maintenant.

Cette vague d'influenza a également atteint l'Ontario et la Colombie-Britannique, cette dernière ayant elle aussi dénombré plus de dix morts et une quarantaine de cas dans le temps des Fêtes. Le Manitoba ne devrait pas non plus être épargné, alors que le Québec et d'autres provinces de l'est du pays s'en tirent plutôt bien pour l'instant.

Un « cadeau » de Noël annuel

Il ne s'agit cependant pas d'une exception, puisque les autorités médicales s'attendaient à ces éclosions avec la combinaison du froid et des festivités.

La souche du virus est par ailleurs la même que celle qui avait frappé il y a deux ans, lorsque l'efficacité du vaccin s'était révélée quasi nulle. Bien que l’activité grippale ait commencé tôt cette saison, elle demeure plus faible qu'en 2014-2015, selon l'Agence de santé publique du Canada.

Les experts croient d'ailleurs que le vaccin se montre plus efficace cette année, puisqu'une protection contre le virus H3N2 s'y trouve.

« Quand on produit le vaccin, c'est avec des prévisions, rappelle la professeure à la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke, Maryse Guay. On essaie de faire en sorte que le vaccin couvre la souche du virus qui sera présente. »

Un virus changeant

L'influenza demeure malgré tout un virus changeant et son comportement reste difficile à prédire, selon le médecin épidémiologiste à l'Institut national de santé publique du Québec, Gaston De Serres. « Janvier sera un gros mois », admet-il.

Le professeur en maladies infectieuses à l'Université de Calgary, Glen Armstrong, ajoute que la souche H3N2 a tendance à se modifier au cours de l'hiver, rendant ainsi le vaccin moins efficace. Viendra ensuite un chevauchement de deux épidémies, avec l'arrivée de l'influenza B.

« Bien que vous risquez de tomber malade, les symptômes seront moins sévères si vous avez été vacciné et vous allez vous rétablir plus rapidement » ajoute-t-il, recommandant malgré tout la vaccination. Cette mesure préventive s'adresse particulièrement aux enfants, qui sont habituellement plus durement touchés par la vague d'influenza se déployant en février et en mars.

Les experts souhaitent qu'un vaccin qui couvrirait toutes les souches d'influenza puisse un jour être développé. Des investissements plus importants en recherche sont cependant nécessaires puisque, pour le moment, l'essentiel des efforts est plutôt tourné vers les grandes campagnes de vaccination.

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