La session parlementaire qui s'ouvre mardi à Quebec est la dernière avant l'élection du 1er octobre 2018. Elle sera donc essentiellement politique, normal, d'autant que le menu législatif est très léger.

Une analyse de Michel C. Auger, animateur de Midi info

Ce ne sont donc pas les lois qu’il faudra surveiller, mais le budget – électoral, bien sûr – et les périodes des questions, là où les trois grands partis tenteront de convaincre les électeurs qu’ils sont les plus dignes de confiance.

Les débats seront d’autant plus vifs, qu’aucun des trois grands partis ne part en étant éliminé d’avance. Les trois peuvent toujours espérer former le prochain gouvernement : les libéraux ne sont jamais battus d’avance et on ne sait pas encore lequel des partis d’opposition sera le mieux placé pour incarner le changement.

Évidemment, le Parti québécois (PQ) est au troisième rang dans les sondages avec 22 % des intentions de votes, ce qui serait le pire résultat électoral de son histoire et la tendance, depuis l’élection de Jean-François Lisée, est constamment à la baisse.

Mais il reste que le PQ forme l’opposition officielle, et qu’il aura donc plus de chances de se faire valoir à l’Assemblée nationale. Il est aussi le seul autre parti qui a formé un gouvernement, même brièvement. Il a donc des porte-paroles connus et qui ont été ministres, ce qui représente certainement un avantage.

Le PQ arrive aussi, dans le contexte cela est important, sans les divisions qui ont si souvent marqué son histoire. Son congrès s’est bien passé. Le vote de confiance envers M. Lisée fut sans équivoque.

Mais le PQ est quand même en difficulté. Il est susceptible de perdre des voix des deux côtés : à droite, au profit de la Coalition avenir Québec (CAQ), et à gauche, à Québec solidaire (QS). C’est la première fois dans l’histoire du Québec que deux partis sont, en quelque sorte, issus du PQ. Historiquement, c’est plutôt le Parti libéral qui voyait une partie de sa base le quitter pour former un autre parti politique.

Pas l’équipe la plus forte

La CAQ traverse une bonne période depuis quelques mois. Mais les obstacles restent nombreux. D’abord, son équipe est loin d’être la plus forte. À part François Legault, ses principaux porte-paroles ont souvent peu d’expérience dans leurs dossiers et n’ont pas toujours fait preuve du plus grand jugement. Les dérapages sont donc possibles et, en année électorale, dans des dossiers sensibles, ça peut faire très mal.

Mais M. Legault reste une valeur sûre pour son parti. Comme le disait un vieil organisateur péquiste rencontré lors de leur congrès : « Il était bon quand il était avec nous autres, il l’est encore depuis qu’il est parti ».

On a vu à la fin de la dernière campagne qu’il peut être un remarquable « campaigner », mais il a encore trop souvent tendance à aller vers là où souffle le vent et à changer de thème principal, ce qui cause plus de confusion dans l’esprit des électeurs qu’autre chose.

Philippe Couillard a beaucoup d’atouts dans son jeu : une économie qui connaît des performances remarquables et un taux de chômage à un creux historique. Sauf que ce sont des statistiques que le citoyen ordinaire ne voit pas nécessairement dans son quartier ou dans son portefeuille.

Le gouvernement a également des surplus budgétaires sans précédent, mais qui ne peuvent pas faire oublier qu’ils ont été obtenus au prix de l’austérité et de réductions de services en santé et en éducation.

Les choix que fera le gouvernement au cours de cette dernière année seront déterminants : des baisses d’impôt peuvent donner lieu à un effet boomerang.

« Pourquoi a-t-on tant coupé pendant si longtemps? »

Surtout, le premier ministre doit comprendre que ce n'est pas le premier mandat Couillard, mais le quatrième mandat libéral, qui a été entrecoupé d'un très bref intermède de gouvernement minoritaire du PQ. Il y a beaucoup de signes d’usure du pouvoir, même si M. Couillard dit qu’aucune faute d’éthique n’a été commise sous son règne. Les électeurs ont encore trop frais à la mémoire autant l’ère Charest que la commission Charbonneau.

Reste le défi géographique : est-ce que Québec solidaire réussira à sortir de l’île de Montréal? Est-ce que la CAQ réussira à y entrer? Des questions qui pourraient aussi déterminer l’issue de la prochaine élection.

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