Retour

Une vague d'opposition au terrorisme déferle dans les rues de Barcelone

Plus de 100 000 personnes ont défilé samedi soir dans les rues de Barcelone, en Espagne, pour dénoncer la violence des attentats qui y ont fait 15 morts et 126 blessés, le 17 août dernier.

Ce grand rassemblement destiné à montrer le rejet du terrorisme s'est mis en branle samedi soir, derrière une banderole portant le slogan « No tinc por », qui signifie « Je n'ai pas peur » en catalan.

Selon le souhait de la mairie, le premier rang était réservé aux « représentants des collectifs qui, dès la première minute, se sont occupés des victimes ».

On pouvait donc y voir des policiers et pompiers en uniforme, des médecins en blouse blanche, des chauffeurs de taxi, ainsi que des commerçants et des habitants de La Rambla, qui a été le théâtre de l'attaque au camion-bélier.

« Emplissons les rues de paix et de liberté », avait souhaité la mairie de Barcelone après la tragédie.

Des roses rouges, jaunes et blanches, aux couleurs de la ville, étaient également distribuées aux participants.

« Nous n'avons pas peur et nous ne consentirons pas à ce que le terrorisme nous humilie et nous vainque. Parce que quand ils nous frappent, au lieu de nous diviser, ils nous trouvent plus unis que jamais », a déclaré la porte-parole d'une fondation promouvant la diversité, Miriam Hatibi.

À Ripoll où ont grandi six djihadistes marocains, la soeur de l'un d'entre eux, Hafida Oubakir, a lu bouleversée un discours appelant à « rejeter le message islamiste » et « une idéologie perverse qui n'a ni rime ni raison », retransmis en direct par la télévision catalane.

« Les gens confondent parfois le fidèle d'une religion avec une personne qui devient psychotique avec l'idée de tuer des gens, mais c'est une erreur très dangereuse », nuance une manifestante portugaise de 18 ans, Ana Francisca Ramos, étudiante en médecine venue à Barcelone.

Le double attentat contre Barcelone et Cambrils, le plus meurtrier que l'Espagne ait connu depuis plus d'une décennie, avait été revendiqué par le groupe armé État islamique (EI).

Après la mort de huit suspects, et l'arrestation de quatre autres, qui sont toujours en détention, les enquêteurs avaient annoncé que la cellule à l'origine de l'attaque avait été complètement démantelée.

Présence royale et controverse

Fait exceptionnel, le roi Felipe VI s'est joint aux manifestants, devenant ainsi le premier souverain espagnol à participer à une manifestation depuis le rétablissement de la monarchie en 1975.

Il a marché plusieurs rangs derrière la banderole de tête, aux côtés du premier ministre Mariano Rajoy, et de nombreuses autres personnalités politiques, dont des ministres, des présidents de régions, et des chefs de différents partis.

Mariano Rajoy avait appelé vendredi « tout le monde à participer » à cette manifestation organisée par le gouvernement catalan et la mairie de Barcelone.

À leur arrivée dans le cortège, le roi et le premier ministre ont toutefois été accueillis par des huées et des sifflets.

Une heure avant la manifestation, des Catalans munis de drapeaux indépendantistes s'étaient rassemblés pour reprocher à l'État espagnol de vendre des armes à des pays comme l'Arabie saoudite, accusés d'entretenir des liens avec des groupes terroristes.

« Vos politiques, nos morts », ont-ils scandé, dénonçant le fait que Madrid espère vendre prochainement cinq navires de guerre à Riyad.

Alors que la tension monte depuis des mois entre le gouvernement espagnol et la région de la Catalogne dirigée par un parti indépendantiste, la marche unitaire de Barcelone se voulait une trêve de toute querelle politique.

Il y a toutefois fort à parier que cette accalmie sera de courte durée, le président catalan, Carles Puigdemont, étant toujours résolu à tenir un référendum d'autodétermination le 1er octobre prochain, et ce malgré la ferme opposition de Madrid à ce projet.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine