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Une vague de surdoses inquiète les autorités à Toronto

Il y a eu 20 surdoses en trois jours dans le centre-ville de Toronto la semaine dernière, dont quatre ont été mortelles. La police de Toronto a alerté le public, mais indique qu'il lui faudra plusieurs jours avant de savoir si ces surdoses ont un lien commun.

La province et la Ville de Toronto affirment pour leur part que leurs plans d'urgence respectifs sont en place pour lutter contre le fléau.

La police de Toronto a déjà commandé des analyses pour son enquête, mais dans son alerte au public elle a demandé aux résidents de la contacter s'ils trouvent des substances suspectes dans leur quartier ou dans les lieux publics.

Même s'il encore trop tôt pour avoir les résultats, la police soupçonne que ce soit un mélange d'héroïne et de fentanyl qui ait causé ces surdoses.

La première ministre, Kathleen Wynne, ajoute que toutes les juridictions en Amérique du Nord tentent de trouver une solution à la crise du fentanyl qui frappe le pays et cause des surdoses mortelles chaque jour au Canada.

« Avant d'y parvenir, nos trousses gratuites d'antidote naloxone sont déjà distribuées dans les pharmacies et les prisons de la province pour maintenir les toxicomanes en vie », souligne-t-elle.

Kathleen Wynne ajoute que chaque municipalité a créé son propre plan d'urgence. Celui de Toronto a été annoncé en mars et sera mis en place lorsque les trois sites d'injection supervisée de la métropole ouvriront leurs portes cet automne.

Le conseiller municipal Joe Cressy, qui préside le comité antidrogue de la Ville, explique que des mesures seront mises en place pour assurer la sécurité sanitaire dans les rues de Toronto.

Un programme est déjà mis en place afin de sensibiliser les toxicomanes sur les façons de se procurer l'antidote dans une centaine de points de chute.

Inquiétudes des responsables de la Ville

Le maire de Toronto, John Tory, a également publié un communiqué dimanche, afin d'exprimer ses inquiétudes au sujet de ces surdoses. « Chaque surdose est une tragédie et chaque perte d'une vie a un effet dévastateur sur les familles, les amis et la communauté entière », écrit-il.

De son côté, la médecin hygiéniste de Toronto, Dr Eileen de Villa, se dit très préoccupée.

La médecin ajoute qu'il y a d'autres facteurs à prendre en compte pour améliorer les conditions de santé publique et prévenir ces surdoses. Elle pointe notamment l'isolement comme obstacle à la sécurité sanitaire des toxicomanes.

Elle explique que selon une enquête locale récente, 80 % des personnes qui s'injectent des drogues le font quand ils sont seuls. Ce qui constitue « un facteur de risque connu pour une surdose », rappelle-t-elle.

Avec des informations de CBC et Jean-Philippe Nadeau

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