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Une victime d'agression sort du coma et apprend que la province a donné ses biens

Un homme victime d'une agression violente à Winnipeg lance une poursuite judiciaire de 93 778 $ contre le tuteur et curateur public du Manitoba. Marcel Blanchette soutient que l'agence n'aurait pas dû se débarrasser de tous ses biens pendant qu'il était dans le coma.

Marcel Blanchette, 52 ans, dit ne pas se souvenir de l'attaque du 2 décembre 2014 lors de laquelle il a subi des fractures au crâne, au nez et à un oeil, et une hémorragie au cerveau.

Après des opérations chirurgicales, M. Blanchette a été dans le coma pendant plusieurs semaines. Il ne parlait plus à sa famille biologique et n’avait pas laissé de testament ni de directives médicales à suivre par les fonctionnaires.

Le 12 janvier 2015, les médecins ont signé une ordonnance qui nommait le tuteur et curateur public du Manitoba responsable des affaires financières et personnelles de M. Blanchette.

C'est trois mois plus tard, pendant qu’il était hospitalisé au Centre des sciences de la santé de Winnipeg, que M. Blanchette a appris qu'il avait perdu son appartement et qu’un employé du gouvernement affecté à la gestion de ses affaires avait distribué tous ses biens personnels.

« En sortant du coma aux soins intensifs, je devais faire face à la réalité que j’étais victime une deuxième fois, dit l’homme en retenant ses larmes. J’étais vraiment anéanti. J’ai tout perdu de ce qui m’appartenait dans la vie. »

M. Blanchette a lancé une poursuite judiciaire contre l’organisme de service spécial du gouvernement provincial qui gère et protège les affaires des Manitobains incapables de le faire eux-mêmes.

Selon M. Blanchette, le curateur public a offert tous ses meubles, ses vêtements, ses oeuvres d'art, ses documents d'impôts personnels et ses photos de famille à Sussex Realty, son gestionnaire immobilier.

Le gérant immobilier a donné des articles aux oeuvres caritatives Big Brothers et Big Sisters, qui ont vendu les dons au poids. Ces organismes ont conservé quelques objets personnels qui ont été remis à M. Blanchette.

Une offre rejetée

L'agence gouvernementale a offert 3757 $ à M. Blanchette, soit le coût total de rachat d’articles semblables dans un magasin d'occasion.

M. Blanchette demande 93 778 $, ce qui comprend le coût pour remplacer ses biens, les frais juridiques et d'autres dépenses, notamment le remplacement de son certificat de naissance.

Dans une déclaration de défense rédigée le 26 mai 2017, l’agence provinciale nie les réclamations de M. Blanchette et conteste ses motifs de poursuite. Elle cite l'article 37 de la Loi sur le curateur public, selon lequel l'agence ne peut être poursuivie si elle a agi de bonne foi pour exercer son pouvoir et son devoir.

Une lettre écrite par un administrateur de services de l’agence souligne que M. Blanchette n’avait pas les fonds disponibles pour couvrir le déplacement et l’entreposage de ses biens.

M. Blanchette estime que le revenu d'un fonds d'indemnisation de victime, ainsi que sa prestation d'invalidité du Régime de pensions du Canada, auraient été suffisants.

« C'est vraiment déchirant pour moi parce qu’on me dit qu’après 50 ans de vie, tout ce qui m’appartenait n’avait aucune valeur », déclare M. Blanchette.

Sherman Kang, de la Première Nation du lac Manitoba, est actuellement en prison pour l'agression de Marcel Blanchette. Il avait des antécédents de violence et de toxicomanie.

Le tuteur et curateur public du Manitoba a refusé la demande de Radio-Canada pour une entrevue.

Avec les informations de Laura Glowacki, CBC

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