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Une vidéo de l'auteur présumé de l'attentat d'Istanbul fait surface

Des médias turcs ont diffusé mardi une nouvelle vidéo de l'auteur présumé du massacre commis le jour de l'An dans une boîte de nuit d'Istanbul. Les autorités turques, qui ne l'ont ni capturé ni même publiquement identifié, multiplient les arrestations en lien avec cet attentat, revendiqué par le groupe armé État islamique (EI).

Dans la vidéo de 44 secondes qui a fait surface mardi, le présumé assaillant déambule, visage fermé et silencieux, sur l’emblématique place Taksim, à moins de 10 kilomètres du Reina, la discothèque où la tuerie s'est produite. On ne sait pas si ces images ont été filmées avant ou après le massacre qui a fait 39 victimes, dont une Canadienne, et 69 blessés.

C'est dans ce contexte d'incertitude que le Parlement turc a voté, mardi, pour prolonger de trois mois l'état d'urgence, instauré dans la foulée du coup d'État avorté de juillet dernier.

Les autorités turques demeurant silencieuses sur le déroulement de l’enquête, les seules informations concernant le tueur sont distillées par des médias turcs. Selon eux, 8 personnes ont été arrêtées au cours des dernières heures, ce qui porte à 16 le nombre de personnes détenues dans ce dossier. Toutes ces personnes sont interrogées au quartier général de la police, à Istanbul.

Selon le journal Hürriyet, la femme du tueur est du lot. Elle serait détenue dans la ville de Konya, au centre du pays, mais nierait avoir eu connaissance que son mari était un sympathisant de l’EI. Elle aurait déclaré à la police avoir appris l’attaque du Reina en regardant la télévision.

L'EI a affirmé hier que le tueur était un « soldat du califat » pour venger les opérations de l'armée turque en Syrie.

Hürriyet affirme que le tireur est arrivé à Istanbul à bord d’un vol en provenance du Kirghizistan le 20 novembre avec sa femme et ses deux enfants. Tous se seraient ensuite rendus en voiture dans la capitale, Ankara, avant d’arriver à Konya le 22 novembre. Ils auraient trouvé un appartement et versé trois mois de loyer au propriétaire. Le tueur serait revenu à Istanbul le 29 décembre.

Les autorités turques n'ont pas fait de commentaires sur les progrès de l'enquête. Un porte-parole du gouvernement, Numan Kurtulmus, s'est borné à dire lundi que les autorités étaient sur le point d'avoir terminé l'identification du tueur, après avoir rassemblé des empreintes digitales et des informations sur son apparence.

Un chroniqueur du journal réputé proche du pouvoir, Abdulkadir Selvi, affirme cependant que les autorités ont identifié l’assaillant. Il s’agirait d’un homme originaire d’un pays d’Asie centrale, qui aurait combattu dans les rangs de l’EI en Syrie. Selon le chroniqueur, les autorités veulent capturer ce dernier vivant, afin de démanteler son réseau.

Certains médias avancent qu’il s'agit du réseau responsable de l’attentat qui a fait 45 morts à l’aéroport d’Istanbul en juin dernier.

Selon des médias turcs, les autorités croient que l'assaillant a suivi un entraînement poussé au maniement des armes. Celles-ci soulignent par exemple qu'il a utilisé des chargeurs doubles pour optimiser le temps de rechargement, des grenades aveuglantes pour désorienter les cibles et visé le haut du corps pour augmenter le nombre de morts.

L'attentat du Nouvel An est survenu au moment où l'armée turque tente de reprendre la ville d'Al-Bab, bastion de l'EI dans le nord de la Syrie. Selon l'état-major turc, 18 combattants du groupe armé y ont été tués lundi.

Ankara s'est lancé dans le conflit syrien en août dernier, pour éloigner l'EI de sa frontière sud, mais aussi pour empêcher des combattants kurdes de faire la jonction entre deux territoires qu'ils contrôlent. Le pouvoir turc considère les combattants kurdes comme des terroristes, qu'ils soient turcs ou syriens.

S'adressant à des membres de son parti mardi, le premier ministre turc, Binali Yildirim, a soutenu que l'offensive turque a permis de tuer 1200 combattants de l'EI depuis le mois d'août. La Turquie est le pays qui combat le plus efficacement le groupe armé, a-t-il ajouté, en critiquant sévèrement l'approche attentiste de l'administration Obama dans ce dossier.

« Ils prétendent combattre Daech. La Turquie est le seul pays à mener la bataille. Les États-Unis ne font rien », a lancé le chef du gouvernement, en invitant la future administration Trump à mettre un terme à cette « honte ».

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