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UNESCO : le tiers des menaces au Canada lié aux mines, au pétrole et au gaz naturel

L'exploitation des mines, du pétrole et du gaz naturel représente presque le tiers des menaces concernant les sites canadiens inscrits au Patrimoine mondial de l'humanité.

Un texte de Samuel Danzon-Chambaud

Radio-Canada a analysé une base de données de l'UNESCO référençant les menaces pesant sur le Patrimoine mondial. Au Canada, 75 « facteurs affectant le bien » ont été relevés au cours des trente dernières années. Parmi ceux-ci, 23 concernent l'utilisation de ressources matérielles, une catégorie regroupant l'exploitation des mines, du pétrole et du gaz naturel.

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Les neuf biens canadiens inscrits au Patrimoine mondial sont des parcs naturels, à l'exception du centre historique de la ville de Québec. 

C'est entre 2000 et 2013 que l'on dénombre le plus de menaces répertoriées concernant les sites protégés par l'UNESCO au Canada. Peter Tyedmers, professeur spécialisé en écologie à l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, y voit un lien avec le prix des ressources énergétiques, qui a lui aussi grimpé pendant cette période.

« Ce n'est pas surprenant que, lorsque les prix sont élevés, les gens cherchent de nouvelles possibilités de développement », a-t-il expliqué. 

Les données de l'UNESCO montrent également que le parc national Wood Buffalo, près de la région des sables bitumineux en Alberta, a fait l'objet du plus grand nombre de rapports. Neuf le concernant ont été publiés, sur les quarante et un que compte le Canada depuis 1985.

Le dernier rapport rédigé au sujet du parc date de 2015. L'UNESCO s'y était dite préoccupée que « les impacts environnementaux sur le delta Peace-Athabasca causés par les barrages hydroélectriques, le développement de l'exploitation des sables bitumineux, et le projet de mine à ciel ouvert à proximité du bien [puissent] affecter la Valeur universelle exceptionnelle (VUE) de ce dernier ».

Le document mentionne notamment le site C, un projet de barrage sur la rivière Peace, dans le nord-est de la Colombie-Britannique. Celui-ci a été approuvé en 2014.

La directrice du groupe environnemental CPAWS pour le nord de l'Alberta rappelle que le parc Wood Buffalo contient l'un des plus grands deltas d'eau douce à l'intérieur des terres. « C'est aussi le seul lieu de nidification pour la grue blanche en Amérique du Nord, et le dernier endroit sur terre où bisons et loups interagissent dans une dynamique prédateur-proie naturelle », a ajouté Alison Ronson.

L'UNESCO a demandé à ce qu'une évaluation environnementale soit menée dans la région. L'organisme recommande également « de ne prendre aucune décision concernant tout projet de développement qui serait difficilement réversible ».

« Aux niveaux fédéral, provincial et territorial, le Canada effectue des évaluations environnementales et des processus de délivrance de permis, lesquels permettent d'évaluer les incidences éventuelles sur l'intégrité du parc national Wood Buffalo », a fait valoir Parcs Canada dans un courriel.

L'agence rappelle aussi que « le Canada s'est engagé à examiner les processus environnementaux et réglementaires, y compris des propositions de projet pouvant avoir des incidences sur des parcs nationaux ».

Une mission de l'UNESCO se rendra à Wood Buffalo du 24 septembre au 5 octobre.

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