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UPAC : l'opposition s'interroge sur la nécessité de voter la loi 107 à l’heure actuelle

À la suite des nouvelles révélations sur l'enquête de l'UPAC émanant d'un affidavit décaviardé rendu public jeudi, le Parti québécois et Québec solidaire s'interrogent sur l'utilité de voter un projet de loi qui donnerait plus de pouvoir à l'UPAC et à son administration actuelle.

Un texte de Xavier Savard-Fournier

« Dans le cas de l’UPAC, ça s’accumule, et on ne pose jamais de question sur la capacité de l’administration actuelle à gérer davantage de pouvoirs. Ce qui est surréaliste aujourd’hui, c’est que M. [Martin] Prud’homme, patron de la Sûreté du Québec, a reçu la visite d’enquêteurs de la GRC. Ça s’accumule », a lancé jeudi en conférence de presse le leader parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé.

Il considère que le gouvernement devrait faire preuve de prudence avant de donner plus de pouvoir « non pas à l’organisation, mais à la direction actuelle ».

« Dans les circonstances actuelles, il est intenable de poursuivre l’étude de ce projet de loi. J’invite le gouvernement à se pencher sérieusement sur sa volonté de précipiter l’adoption du projet de loi 107 compte tenu de nombreux éléments qui s’ajoutent constamment concernant le leadership de l’Unité permanente anticorruption, concernant l’équipe de direction », a-t-il avancé.

Pour le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire et ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, les révélations d’aujourd’hui ne devraient pas avoir d’impact sur le projet de loi 107 justifiant que le travail a été fait, que les articles ont été évalués et que les partis d'opposition ont eu leur mot à dire.

Bien qu’il n’ait pas commenté les révélations de l'affidavit, M. Coiteux a tout de même réagi concernant la proximité entre le député Guy Ouellette et Martin Prud’homme, des amis selon l'entourage de M. Ouellette.

« Alors, des gens qui ont travaillé ensemble à l’intérieur de corps policiers comme la Sécurité du Québec, c’est un petit peu normal qu’ils se soient créés des liens, a présenté M. Coiteux. Ça ne veut pas dire que les gens ne savent pas se comporter de la bonne façon pour s’assurer de la qualité de leur travail et en particulier de l’intégrité de l’ensemble des enquêtes. C’est ça qui est important. »

C’est notamment sur ce point que le député de Québec solidaire, Amir Khadir, critique la situation actuelle.

« [M. Coiteux] doit nommer des gens, des civils, comme ça se fait aux États-Unis et en Ontario, à l’extérieur de cette gang-là qui est en trop grande promiscuité. IIl y a trop de policiers qui ont choisi d’autres policiers », a-t-il dit.

Selon M. Khadir, le ministre Coiteux doit se rendre compte qu’il est le premier responsable du cafouillis actuel puisqu’il a négligé de prendre au sérieux les critiques qui ont été faites il y a un an déjà.

« On a toutes ces enquêtes sur les fuites, pourquoi, parce que des enquêteurs sont tannés que les enquêtes piétinent. M. Coiteux doit se rendre compte qu’il est dans le pétrin. On est au cœur de la démocratie et s’il ne fait rien, c’est qu’il fait de l’obstruction à la justice », affirme Amir Khadir.

D’après lui, si le ministre avait écouté plutôt que d'avoir fait de « la petite politique et gagner du temps », la situation aurait déjà été réglée sur la situation interne à l’UPAC.

La CAQ reste plus prudente puisque très peu de détails ont été dévoilés jeudi, mais croit que les Québécois méritent des éclaircissements.

« Une chose est sûre : l’enquête Mâchurer doit absolument se poursuivre et aboutir avant les élections générales. L’UPAC doit aller au fond des choses pour exposer le système d’influence libéral », a mentionné le porte-parole de la CAQ en matière de sécurité publique, André Spénard.

Avec des informations de Sébastien Bovet

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