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Vancouver recrute « désespérément » des enseignants d'immersion à Toronto

Le conseil scolaire de Vancouver cherche « désespérément » des enseignants en immersion française et tente d'en recruter à Toronto, bien qu'une pénurie de personnel qualifié existe déjà en Ontario.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

Malgré la popularité de l’immersion française, le conseil scolaire de Vancouver (VDS) a dû réduire le nombre de places l’an dernier, à cause d’un jugement de la Cour suprême qui impose un nombre d'élèves moins élevé par classes en Colombie-Britannique.

Depuis, le conseil recrute activement des enseignants qualifiés dans une douzaine de villes canadiennes et offre des incitatifs pour les séduire, comme une allocation de déménagement.

Vendredi, une équipe de recrutement s’arrêtera donc au Salon des carrières en éducation de Toronto.

Même problème, autre province

Le hic, c’est que les programmes d’immersion des conseils scolaires de l’Ontario sont eux aussi victimes de leurs succès.

« C’est triste, vraiment, c’est absurde qu’on ait un conseil de l’Ouest qui vient à Toronto quand nous avons aussi une pénurie. C’est une sorte de cannibalisation », de désole l’enseignant d’immersion française de Mississauga, Felipe Pareja.

Il n’est pas rare qu’un enseignant non qualifié soit embauché en Ontario, ou qu’une demande de dérogation soit faite pour qu’il puisse enseigner en français. Il s'agit d'un choix difficile auquel sont confrontés les administrateurs des conseils scolaires, explique Chantal Bourbonnais, directrice générale de l'Association canadienne des professionnels d'immersion. « Est-ce qu’on embauche du personnel non qualifié, ou est-ce qu’on abolit les programmes? »

« En ce moment en Ontario, il y a plein d’élèves en immersion qui ne reçoivent pas l’éducation en français qu’ils méritent », se désole M. Pareja, qui ajoute que le même problème existe pour le recrutement d'enseignants de français.

Les conseils scolaires ontariens sont contraints de limiter les demandes d’inscription et de créer de longues listes d’attente ou alors des systèmes de loterie.

Richard Zerbe, directeur des programmes éducatifs pour le VDS, ne s'inquiète toutefois pas, et mise notamment sur la beauté des montagnes pour séduire les enseignants d'ici. « Le nouveau curriculum de la Colombie-Britannique est très attrayant pour les professeurs, et nous avons un climat et des activités sportives qu'il n'y a pas ailleurs », dit-il.

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