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Vente de tabac aux mineurs : Québec relâche sa surveillance

Le ministère de la Santé du Québec a relâché sa surveillance des détaillants en matière de vente de tabac aux mineurs en 2016 pour se concentrer davantage sur les nouvelles dispositions entrées en vigueur l'année dernière.

Un texte de Marie-France Bélanger

En vertu de la loi québécoise, il est interdit de vendre du tabac à des personnes de moins de 18 ans. Pour vérifier si cette disposition est respectée, le ministère de la Santé a recours à des jeunes qui visitent incognito des détaillants, question de voir s'ils sont disposés ou non à leur vendre des produits du tabac.L'an passé, les autorités ont procédé à un peu moins de 2000 inspections mystères du genre. Il s'agit d'une baisse marquée par rapport à 2015 et 2014, où près de 5000 vérifications annuelles ont été menées à cette fin.

Le ministère de la Santé explique que cette diminution est liée à l'entrée en vigueur de nouvelles mesures en 2016, comme l'interdiction de fumer sur les terrasses, qui accapare les 26 inspecteurs.« Il est normal de porter davantage d'attention lors de l'entrée en vigueur d'une nouvelle mesure », précise par courriel la porte-parole du ministère de la Santé. Par ailleurs, le nombre total d'inspections en lien avec le tabac a aussi diminué. Il est passé de 11 588 en 2015 à 9094 en 2016.

Le ministère explique cette diminution totale par différents facteurs, comme le fait que certaines inspections requièrent plus de temps. C'est le cas notamment des visites de salons de narguilé illégal ou des points de vente de cigarettes électroniques.L'Association des détaillants en alimentation du Québec, qui représente 8000 points de vente, accueille favorablement cette baisse d'inspections, estimant que leur nombre était exagéré en 2014 et 2015. « C'était quasiment du harcèlement, [ce] que les détaillants ont subi », souligne le PDG de l'association, Florent Gravel. « Qu'il y en ait 1000, 2000 ou 3000, le taux de non-conformité tourne toujours entre 10 et 15 %. »

Selon Flory Doucas, codirectrice et porte-parole de la Coalition québécoise pour le contrôle du tabac, cette baisse d'inspections pour la vente aux mineurs laisse transparaître un manque de ressources. Les inspecteurs ne sont tout simplement pas assez nombreux pour toutes les tâches qui leur sont confiées. « C'est un petit service qui regroupe moins d'une trentaine d'individus. Au niveau de l'application de la loi, on en demande beaucoup à ces gens-là », estime-t-elle.Mme Doucas réclame que les budgets du service de lutte antitabac du gouvernement soient rehaussés et que l'industrie et les détaillants y contribuent financièrement.

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