Retour

Vers la gratuité pancanadienne de la pilule abortive

Une rencontre sur l'accès à l'avortement au pays, ainsi que sur la gratuité de la pilule abortive, s'est tenue mardi soir, en marge du Conseil de la fédération à Edmonton. Politiciens et groupes faisant la promotion de la santé sexuelle en ont profité pour demander aux provinces, qui ne se sont pas encore engagées à rembourser la pilule abortive, à le faire d'ici novembre 2017.

Un texte de Camille Martel

L'avortement médical gratuit, avec la pilule abortive, sera bientôt possible en Alberta, en Ontario et au Québec. Au Manitoba, le Mifegymiso est déjà offert, mais non remboursé, et la province ne s'est pas engagée à adopter cette mesure.

Au Nouveau-Brunswick, la pilule abortive est remboursée depuis quelques semaines.

« Il reste du travail a faire », a déclaré le premier ministre de la province, Brian Gallant, lors de la rencontre mardi soir. Il veut inciter les autres provinces à suivre ses traces.

Selon M. Gallant, « c'est la bonne chose à faire » pour s'assurer de l'égalité des femmes et de l'égalité des services auxquels elles ont droit.

Faciliter l'accès à l'avortement et diminuer les coûts

« L’accès à l’avortement ne doit pas dépendre du code postal », a indiqué pour sa part l'instigateur de cette rencontre, Sandeep Prasad, directeur d'Action Canada pour la santé et les droits sexuels.

L'avocat et ancien employé de l'Organisation des Nations unies (ONU) a expliqué que le Canada était l'un des pays où l'accès à l'avortement était le plus difficile, même si cet acte a été décriminalisé en 1988.

Mis à part les grands centres urbains, soutient M. Prasad, l'avortement est quasiment inaccessible. Selon lui, le Mifegymiso constitue la solution au manque d'accès.

Son principal argument pour convaincre les provinces est le coût. « Pour les provinces, c’est une réduction des coûts, car la pilule abortive coûte moins cher qu’un avortement chirurgical », souligne-t-il.

Le coût de la pilule abortive se situe entre 300 $ et 400 $, alors qu'un avortement médical requiert du personnel médical, une intervention chirurgicale et un séjour à l'hôpital.

Les infirmières praticiennes veulent prescrire le Mifegymiso

Outre l'accessibilité de la pilule abortive, la question de la possibilité pour les infirmières praticiennes de la prescrire a elle aussi animé les discussions.

« Les infirmières praticiennes devraient pouvoir prescrire la pilule abortive », a déclaré la présidente de l'Association des infirmières et infirmiers du Canada, Barb Shellian.

Elle a rappelé que, dans les régions éloignées, il n'est pas rare qu'il y ait seulement une infirmière en poste. « Dans certains endroits, il n’y a même pas de médecins, il y a seulement des infirmières praticiennes », rapporte-t-elle.

Du côté de l'Alberta, la ministre de la Santé, Sarah Hoffman, a déclaré, mardi soir, que le plan de couverture du Mifegymiso sera dévoilé dans les prochaines semaines.

Cela ferait en sorte que tous les médecins pourraient recevoir une formation pour la prescrire, qui serait accessible gratuitement dans tous les établissements de santé.

L'Alberta a été la deuxième province à s'engager à rembourser la pilule abortive il y a quelques mois.

Toutefois, deux cliniques d'avortement albertaines offrent déjà l'avortement médical sans frais aux patientes qui ont une carte d'assurance-maladie.

La clinique Kensington de Calgary est d'ailleurs le premier établissement qui a offert le Mifegymiso.

Plus d'articles

Commentaires