Les commentaires pro-bilinguismes émis par deux anglophones à l'occasion de la Fête nationale des Acadiens suscitent beaucoup de réactions, au Nouveau-Brunswick.

Deux Néo-Brunswickoises, Katie Cooper Butland et Beth Lyons, ont écrit dans les médias sociaux être en faveur du bilinguisme et demandent à leurs concitoyens anglophones de valoriser un rapprochement entre les deux communautés linguistiques.

Les deux femmes ont ainsi réagi aux commentaires anti-francophones et anti-Acadiens qui ont déferlé sur le Nouveau-Brunswick dans les derniers mois.

Cet hiver, un tollé a été soulevé lorsque le maire de Fredericton, Brad Woodside, a déclaré être en faveur du bilinguisme, mais contre la dualité en éducation et en santé. Ces propos ont été émis alors que le gouvernement du Nouveau-Brunswick répétait qu'il fallait tout mettre sur la table pour redresser l'économie de la province, sauf le bilinguisme et la dualité linguistique.

Puis, le transport scolaire bilingue a défrayé la manchette pendant plusieurs semaines, si bien que le 8 mai, environ 200 manifestants se sont rassemblés devant l'Assemblée législative à Fredericton pour dénoncer le bilinguisme officiel.

Enfin, le 27 juillet dernier, le groupe Citizens Action Team demande le « renvoi immédiat » de la commissaire aux langues officielles en raison de ses recommandations portant entre autres le bilinguisme des hauts fonctionnaires du gouvernement.

Or, voilà qu'à l'occasion de la Fête nationale des Acadiens, deux anglophones de la Société civile, qui ne représentent aucun groupe de pression, ont publié dans les médias sociaux des messages faisant l'apologie du bilinguisme.

Des milliers de partages

Le commentaire qu'a publié Katie Cooper Butland sur Facebook s'est répendu comme une traînée de poudre avec plus de 2000 partages en deux jours.

Mme Cooper Butland voulait provoquer un petit coup d'éclat. Une anglophone qui écrit le 15 août pour défendre le bilinguisme au Nouveau-Brunswick, ça ne se fait pas tous les ans.

« Je pense que c'est important pour moi, comme anglophone, d'être avec les Acadiens et de tous travailler ensemble pour obtenir le bilinguisme idéal dans la province », affirme-t-elle.

Elle veut déboulonner certains mythes avancés par des groupes anti-bilinguisme comme quoi il serait plus difficile pour les anglophones de trouver un emploi.

« Mon mari est unilingue anglophone, il a un emploi dans un entrepôt et c'est à Dieppe », ironise-t-elle.

Katie Cooper Butland parle d'ignorance de la communauté anglophone, que l'histoire comme la déportation des Acadiens devraient être mieux enseignées et plus tôt comme à l'école secondaire.

Son initiative est directement inspirée par une autre anglophone. Beth Lyons de Fredericton a lancé le 14 août un mot clé sur Twitter #AnglosWithAcadians.

« Pour moi comme anglophone, c'est important de prendre la parole dans un débat comme ceci. Je suis chanceuse de parler français, mais je suis anglophone et avec ça j'ai beaucoup de privilèges. Les Acadiens et les Brayons sont la minorité et c'est à moi comme membre de la majorité de parler et de défendre les minorités aussi », affirme Mme Lyons.

Il s'agit d'un débat bien sensible dans la seule province canadienne officiellement bilingue. Certains détracteurs ont accusé Katie Cooper Butland d'être biaisée parce qu'elle est diplômée de l'Université de Moncton.

Or, elle répond qu'elle est issue d'une famille anglophone, que son mari est unilingue anglophone et qu'elle n'a donc aucun parti pris à part celui de vouloir voir un rapprochement des deux communautés.

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