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Vers une éducation sexuelle « à saveur catholique » en Alberta ?

Les dirigeants des conseils scolaires catholiques albertains craignent que le futur programme d'éducation sexuelle de la province ne contienne des approches « problématiques ». Ils ont lancé la préparation de ressources éducatives spécifiques qui ajouteraient le point de vue de l'Église catholique.

Un texte de Laurent Pirot

Le Conseil des directeurs généraux des conseils scolaires catholiques s’est vu refuser un financement provincial pour créer ces ressources, mais a tout de même mobilisé des spécialistes pour mettre au point un complément au programme.

Dans un document, le conseil estime que plusieurs éléments du programme en cours de révision pourraient être « problématiques ». « Ce serait problématique que nous soyons obligés de faire la promotion de la masturbation », peut-on lire. Des remarques similaires portent sur la contraception, les pratiques sexuelles anales ou orales ou encore l’homosexualité.

Karl Germann reconnaît qu’à aucun moment, dans ses discussions avec le ministère, il n’a été mentionné que le nouveau programme comprendrait la « promotion » de certains comportements. « Ce serait problématique si nous étions obligés d’enseigner l’éducation sexuelle d’un certain point de vue », estime-t-il tout de même.

Selon lui, il est primordial que les élèves des écoles catholiques entendent que l’Église ne promeut la sexualité que dans le cadre d’un mariage et avec la procréation comme but.

Il ajoute que les conseils catholiques respecteront le programme provincial qui sera adopté.

Un ministre « très inquiet »

« Je suis très inquiet de voir suggérer que fournir aux élèves albertains des informations précises sur ces sujets importants est problématique », a répondu le ministre de l’Éducation, David Eggen, dans un communiqué.

Il qualifie d’inacceptable la demande de financement formulée pour mettre au point un programme spécifique pour les conseils scolaires catholiques.

Santé publique

« Nos élèves méritent le meilleur et pas des informations édulcorées », a affirmé Kristin Heimbecker, une mère de famille dont les enfants fréquentent l’enseignement catholique. « Nous ne leur rendons pas service et nous prenons des risques avec la santé publique si nous ne leur fournissons pas les mêmes savoirs que dans les écoles laïques. »

Monica Gugliotta, une élève de 11e année qui s’identifie comme bisexuelle, a quitté son ancienne école catholique pour une école publique où elle juge qu’il y a moins de discrimination.

Elle accuse les dirigeants catholiques de ne pas réellement vouloir enseigner des points de vue diversifiés à leurs élèves. « Si c’était vrai, pourquoi est-ce que la promotion des relations homosexuelles ou même l’enseignement des identités de genre est problématique », demande-t-elle.

Elle estime que si le programme est enseigné de la manière proposée par les dirigeants des conseils scolaires catholiques, « la communauté LGBT sera victime de discrimination ».

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