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Vers une prolongation de l'état d'urgence en France

Des plus en plus d'indices laissent croire que le président français François Hollande s'apprête à demander une nouvelle prolongation de trois mois de l'état d'urgence décrété dans la foulée des attentats du 13 novembre à Paris. Jusqu'à nouvel ordre, cette mesure d'exception est en vigueur jusqu'au 26 février.

« Le président de la République nous a confirmé que, dès le Conseil des ministres du 3 février, plusieurs textes seraient déposés visant à la prolongation de l'état d'urgence pour trois mois », a affirmé vendredi le secrétaire national du Parti communiste français, Pierre Laurent, au terme d'une rencontre avec M. Hollande.

Mercredi, le président de l'Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, avait aussi déclaré aux journalistes que le chef de l'État allait « très probablement » demander au Parlement de reconduire l'état d'urgence pour une seconde période de trois mois.

Une première prolongation de trois mois a été adoptée à la quasi-unanimité des députés et des sénateurs le 20 novembre.

S'ajoutent à ces indices les propos tenus par le premier ministre Manuel Valls lors d'une entrevue accordée jeudi à la BBC, en marge du Forum économique mondial de Davos.

L'entrevue n'a pas encore été diffusée, mais une copie obtenue vendredi par l'AFP révèle que le chef du gouvernement se dit prêt à ce que cette politique d'exception soit prolongée « jusqu'à ce qu'on puisse en finir » avec l'État islamique.

« La guerre, c'est utiliser tous les moyens dans notre démocratie pour protéger les Français. Donc, c'est en effet l'état d'urgence. Nous allons voir si nous allons le prolonger », affirme M. Valls, après avoir été interrogé sur la prolongation de l'état d'urgence.

« Jusqu'à quand? » demande la journaliste. « Le temps nécessaire. Nous ne pouvons pas vivre tout le temps avec l'état d'urgence. Mais tant que la menace est là, nous pouvons utiliser tous les moyens », répond le premier ministre.

« Cela peut être pour toujours? » relance la journaliste. « Jusqu'à ce qu'on puisse, évidemment, en finir avec Daech », rétorque alors le chef du gouvernement.

« Est-ce que vous pouvez en finir ? Beaucoup disent que c'est le combat d'une génération... 30 ans », lui demande la BBC. « Je le crois. Et il faut dire la vérité, pas seulement aux Français, mais à tous ceux qui sont concernés par le terrorisme. C'est une génération qui peut être concernée par cette guerre », assure le chef du gouvernement.

Interrogés par l'AFP, les services du chef du gouvernement ont assuré que l'exécutif n'avait nullement cette intention et qu'il n'y avait « aucune annonce » dans ces propos, tenus en français.

L'état d'urgence confère aux policiers des moyens d'action renforcés, sans contrôle judiciaire, et se traduit par la suspension de certaines libertés publiques.

Elle donne notamment aux autorités le pouvoir d'interdire la circulation de personnes ou de véhicules dans des lieux et à des heures déterminées, et d'interdire des réunions susceptibles de provoquer ou d'entretenir le désordre. Elle permet aussi les perquisitions le jour et de nuit.

Mardi, des experts des Nations unies ont recommandé à la France de ne pas prolonger l'état d'urgence au-delà du 26 février, estimant qu'il imposait des « restrictions excessives et disproportionnées aux libertés fondamentales ».

Le lendemain, la Ligue française des droits de l'homme a saisi le Conseil d'État, la plus haute juridiction administrative du pays, pour que l'état d'urgence soit levé. L'affaire sera entendue mardi prochain.

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