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Victoria : 80 millions de litres d'eaux usées déversés chaque jour dans l'océan

L'histoire du déversement d'eaux usées fait beaucoup réagir à Montréal. Mais la métropole québécoise n'est pas la seule ville à jeter ses égouts dans les cours d'eau. À Victoria, en Colombie-Britannique, des rejets sont déversés dans l'océan chaque jour.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

À Victoria, l'océan fait partie du paysage. Chaque heure du jour, touristes et résidents viennent l'observer. Jordan Knister adore profiter du paysage de rêve de la capitale britanno-colombienne avec sa jeune famille. Mais il reconnaît que son petit coin de paradis a aussi son lot de contradictions.

« Ce qui pourrait se produire à Montréal, vous pourriez prendre une photo et la reproduire ici tous les jours. Nous faisons ça tous les jours », lance le jeune homme.

Il fait référence aux 80 millions de litres d'eaux usées que la région de Victoria rejette chaque jour dans l'océan Pacifique. L'eau n'est traitée que de manière préliminaire, toutes les bactéries ne sont donc pas éliminées.

Si au cours des années certains scientifiques ont souligné que les effets sur l'océan et la santé humaine étaient limités, de plus en plus de gens à Victoria croient qu'ils ont un devoir moral d'agir.

Il faut dire que la pression s'accentue depuis des années pour que la région se dote de son usine de traitement des eaux usées.

Au début des années 2000, une mascotte, Mr. Floatie a été associée à la campagne en faveur de la création d'une telle usine. Un homme costumé en excrément est apparu dans des vidéos en ligne pour faire pression sur la région. Les critiques à l'endroit de la capitale de la Colombie-Britannique sont aussi venues des voisins américains, entre autres ceux installés dans l'État de Washington situé non loin de l'île de Vancouver.

Pas plus tard qu'au mois d'août un éditorial du Seattle Times demandait à Victoria de régler un problème politique que les auteurs du texte qualifiaient de « constipé ».

C'est que l'idée de mettre sur pied une usine de traitement des eaux usées est un projet évoqué depuis des années à Victoria. Mais l'initiative est bloquée. Les municipalités de la région ne s'entendent pas pour déterminer laquelle devrait être l'hôtesse de l'usine.

Les autorités régionales affirment toutefois faire du progrès. « Nous avions presque un accord il y a 2 ans, mais nous espérons maintenant avoir un nouveau plan », assure Niels Jensen, qui est président du district régional de la Capitale, une association qui regroupe les municipalités de la région de Victoria.

Pour Victoria, le temps presse. Si Ottawa n'a jamais sévi contre la capitale de la Colombie-Britannique, le gouvernement fédéral exige que la région se dote d'une usine de traitement des eaux usées d'ici 2020. Ottawa a même octroyé plus de 250 millions de dollars pour aider la construction.

Enjeu invisible dans la campagne

La circonscription fédérale de Victoria est l'une des seules au pays où la course est serrée entre le NPD et le Parti vert. En 2012, au moment de l'élection partielle qui s'est déroulée dans la circonscription l'enjeu de la gestion des rejets d'égout était au coeur des préoccupations.

Deux ans plus tard, la question semble être moins importante pour les électeurs.

Si le député néo-démocrate sortant a refusé de répondre à notre demande d'entrevue sur le sujet, sa principale adversaire, Jo-Ann Roberts du Parti vert estime que les autorités régionales sont maintenant en faveur de la construction d'une usine. « Le travail du prochain député fédéral sera de s'assurer que le financement fédéral demeure », note-t-elle, évoquant la possibilité qu'il y ait des retards dans la construction de l'usine.

La vidéo de la mascotte Mr. Floatie (en anglais)

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