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Violence conjugale : un problème qui n'est pas propre aux réfugiées syriennes

Des organismes qui viennent en aide aux immigrantes et aux réfugiées violentées affirment qu'ils n'ont pas assez de ressources financières pour bien les accompagner à long terme. Le Centre communautaire arabe de Toronto soutient qu'une réfugiée syrienne par semaine lui fait part de ses problèmes de violence conjugale, mais que le phénomène concerne toutes les nouvelles arrivantes.

Un texte de Jean-Philippe Nadeau

Le Centre communautaire arabe de Toronto soutient que l'arrivée récente, massive et soudaine de 25 000 réfugiés syriens a mis en relief un problème de violence conjugale généralisé parmi les immigrantes de toutes les origines et de toutes les confessions religieuses.

La responsable des programmes du centre, Zena al-Hamdan, précise que ce sont des problèmes de violence physique, psychologique, sexuelle et financière .

Mme al-Hamdan ajoute que ces femmes sont vulnérables, parce qu'elles ont tout quitté à cause d'une guerre ou d'une catastrophe humanitaire.

Elle affirme aussi que certaines d'entre elles ont peur de contacter les autorités de peur que leur conjoint soit renvoyé dans leur pays d'origine et qu'elles soient forcées de les accompagner, en particulier si elles ont des enfants.

D'autres enfin ont également peur que leurs documents d'immigration leur soient retirés ou que leurs démarches de régularisation au Canada soient entravées, selon Mme al-Hamdan.

Un manque de financement permanent

Le groupe Action ontarienne contre la violence faite aux femmes dit que l'accent doit être mis sur l'éducation et la prévention et pas seulement auprès des femmes, mais aussi de leur mari. Sa porte-parole, Jeanne-Françoise Mouè, explique que « les problématiques qui sont vécues dans le pays d'origine ne sont pas nécessairement encadrées de la même façon par les lois du pays d'accueil et, peu importe qu'on soit un homme ou une femme, on doit réapprendre les lois une fois au Canada. »

Mme Mouè ajoute que les nouvelles arrivantes ont quand même la chance de bénéficier des avantages qu'offre le Canada par rapport à un autre pays d'accueil moins avancé en termes de droits et libertés.

La Maison d'hébergement francophone de Toronto affirme qu'il est toutefois nécessaire d'allouer un financement récurrent et non ponctuel à la lutte contre la violence dont les succès ne peuvent se mesurer qu'à long terme.

Selon cet organisme, seuls des services soutenus permettront de faciliter l'épanouissement conjugal des femmes et leur intégration dans leur société d'accueil avec ou sans leur conjoint.

La directrice du Centre communautaire arabe de Toronto, Huda Bukhari, se plaint elle aussi du manque de ressources pour aider ces femmes. Elle a d'ailleurs fait part de ses inquiétudes à un comité parlementaire à Ottawa jeudi dernier.

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