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Visite de François à Cuba : nouveau pape, nouvelle ère

« Que Cuba s'ouvre sur le monde avec tout son riche potentiel et que le monde s'ouvre sur Cuba », disait Jean-Paul II, en 1998. Au contraire, tout s'est refermé après 1998.

Un texte de Jean-Michel Leprince

La « prophétie » de Jean-Paul II en 1998 aura-t-elle attendu 17 ans avant de se réaliser ? C'est ce que croit le porte-parole de l'archevêché de La Havane Orlando Marquez. Le rapprochement avec les États-Unis a tout changé.

« Même la relation avec les autres pays du monde a changé. Tout le monde se sent plus confiant et plus détendu ; c'est l'ambiance qui prévaut. Il y a aussi beaucoup d'espoir chez les gens parce que ce vieux conflit a commencé à s'estomper. Et cela a enlevé beaucoup de pression sur la vie du pays », affirme Orlando Marquez, archevêché de La Havane.

« Évidemment, cela ne se traduit pas par la satisfaction des nécessités immédiates et ne donne pas de quoi mettre sur la table de chaque foyer, mais nous espérons que cela se produise peu à peu. Parce que cela ne dépend pas seulement de l'embargo américain, mais aussi de la politique interne du pays. Le seul fait de lever la pression politique sur la vie des citoyens de ce pays a été une grande chose et ceci nous donne un grand espoir », poursuit-il.

Jean-Paul II était le pape de la guerre froide, l'ami de Ronald Reagan, selon Enrique Lopez Oliva, historien, professeur, journaliste et spécialiste des religions. François est un jésuite et il arrive dans un pays où le leader de la révolution, Fidel Castro, est un produit de l'éducation jésuite.

Une visite papale à un moment charnière de l'histoire cubaine

« Il arrive à un moment où la révolution cubaine est en train de se questionner. Nous sommes à la veille d'un changement de générations. Les nouvelles générations arrivent et la génération historique doit leur laisser la place », explique Enrique Lopez Oliva.

« Je crois que le prochain congrès du Parti communiste doit conduire à des changements politiques profonds dans cette société. Parce que des changements politiques sont nécessaires pour soutenir les changements économiques. Si on veut attirer les investissements étrangers, il nous faut une ouverture politique », ajoute-t-il.

Enrique Lopez Oliva croit aussi que l'Église catholique cubaine sera un des protagonistes de cette ouverture politique.

« Ce pape est très politique. C'est un pape de médiation, de dialogue. Beaucoup de gens espèrent que ce pape réalise un grand miracle : celui d'ouvrir les perspectives de l'avenir politique de Cuba », affirme Enrique Lopez Oliva, historien, professeur, journaliste et spécialiste des religions.

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