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Voitures autonomes : peut-être pas aussi vertes qu'on le pense

Plusieurs constructeurs automobiles qui se lancent dans le développement des voitures autonomes, ces véhicules sans conducteurs, promettent une réduction des accidents de la route et des émissions de gaz à effet de serre (GES). Il n'est pourtant pas assuré que ces voitures seront plus vertes.

Depuis la création de son Fond stratégique pour l'innovation en 2016, des millions de dollars ont été investis par le gouvernement fédéral pour moderniser l'industrie automobile.

La plupart des fabricants vantent les mérites de ces voitures sans conducteurs.

Mais certains experts réfutent les prétensions des constructeurs au sujet des émissions de gaz à effets de serre. C'est le cas du professeur en économie de l'environnement à l'Université de Sherbrooke, Alain Webster.

« Un véhicule, qu'il soit autonome ou non, ne règlera pas l'enjeu s'il est à combustion. Si ces véhicules sont électriques, là on fait un gain », explique-t-il.

M. Webster soutient que si les véhicules autonomes sont à essence, le ménage moyen émettra quatre tonnes de GES par année, comme c'est présentement le cas avec les voitures traditionnelles.

Même son de cloche chez Sylvain Dusseault, conseiller stratégique en transport à Coop Carbone, qui a pour mission d'aider à réduire les émissions de GES.

« Il faut faire attention, parce qu'il n'y a rien qui empêche d'installer ces technologies-là sur des véhicules à essence, beaucoup plus énergivores. »

M. Dusseault ajoute toutefois que le retrait du conducteur peut rendre l'utilisation des voitures moins énergivore.

Des mesures incitatives et coercitives des gouvernements, comme des subventions ou des taxes supplémentaires sur certains véhicules, sont nécessaires afin de réduire les émissions de GES, d'après M. Webster.

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