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Vote de confiance au PQ : Lisée s’en sort haut la main

Jean-François Lisée a obtenu samedi la faveur de 92,8 % des militants péquistes réunis tout le week-end en congrès national à Montréal. « Une victoire collective », a lancé le principal intéressé en montant sur scène au Palais des congrès.

« Quelle émotion! » a-t-il répété plusieurs fois.

Prenant l'image d'un parent qui s'adresse à son enfant lors d'un examen à l'école, il a soutenu que « la question importante, ce n'est pas la note [...] l'important, c'est : Est-ce que tu t'es bien préparé? Est-ce que tu as fait le mieux possible ou le moins possible? Est-ce que tu as donné le meilleur de toi-même? »

Dans ce résultat intervenu 11 mois après son accession à la tête de la formation souverainiste, M. Lisée a vu la preuve que « le Parti québécois est uni, le Parti québécois est solide, le Parti québécois est digne de confiance ».

Quelque 1500 membres pouvaient exercer leur droit de vote, et 96,4 % d'entre eux l'ont fait.

« Accordez-vous votre confiance au chef du Parti québécois, Jean-François Lisée? » leur demandait simplement le bulletin de vote.

La réponse dévoilée en début de soirée samedi est cruciale, à un an des élections générales. Le score de M. Lisée allait être jugé à l'aune de ceux obtenus par ses prédécesseurs. Un résultat inférieur à 80 % aurait provoqué des murmures sur la force du leadership de M. Lisée, avait analysé Sébastien Bovet, correspondant parlementaire de Radio-Canada.

Mais les militants ont au contraire accordé un appui massif à leur chef, et ce, même si le PQ n'arrive pas à faire mieux qu'une troisième place dans les intentions de vote, selon les sondages d'opinion.

En 2011, la chef et future première ministre Pauline Marois avait récolté un appui record de 93,08 %.

Mais surtout, comme l'avait expliqué Sébastien Bovet, M. Lisée devait faire mieux que le résultat de 76 % obtenu par Bernard Landry en 2005.

En juin de cette année-là, M. Landry provoquait la surprise en annonçant sa démission de son poste de chef, mais aussi de son poste de député de la circonscription de Verchères, immédiatement après l'annonce du résultat du vote de confiance. « Je suis un homme de cause, je ne suis pas un individualiste et je pense en mon âme et conscience que je ne pourrais pas servir la société comme je voudrais le faire avec ce niveau d'appui », avait-il alors déclaré.

Mieux encadrer l'accès au cégep anglophone

Au-delà du vote de confiance, le 17e congrès du PQ doit permettre de trancher sur plusieurs propositions qui définiront une partie du programme de la formation souverainiste en vue des élections de l'an prochain.

La question de la langue continue ainsi de susciter des débats, notamment avec l'épineuse question de l'application de la loi 101 dans les cégeps, que certains souhaitent notamment parce que de plus en plus de francophones s'inscrivent dans les collèges anglophones.

M. Lisée envisage plutôt de moduler le financement des cinq cégeps anglophones en fonction de la taille de la population anglophone et d'améliorer l'offre de cours d'anglais dans les cégeps francophones.

C'est d'ailleurs une proposition en ce sens, plus conciliante, qui a été adoptée en atelier. Elle ne comporte pas de restrictions véritables sur les inscriptions dans les cégeps anglophones qui en bloqueraient l'accès aux francophones. Mais cet accès irait « en priorité aux besoins de la communauté historique anglophone ».

Mais les débats sur la proposition ont fait ressortir des craintes sur ses dispositions qui risquent de favoriser les mieux nantis. Ceux-ci pourraient inscrire leurs enfants dans un établissement anglophone privé s'il n'y a pas assez de place dans les collèges publics de langue anglaise.

De plus, les étudiants inscrits dans les cégeps anglophones ne pourraient obtenir leur diplôme d'études collégiales (DEC) qu'après avoir réussi un examen de français.

Cette proposition doit être soumise dimanche à l'assemblée plénière, qui décidera de l'inclure ou non au programme du parti.

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