Retour

Vote de confiance : Landry rappelle à Lisée que le PQ est un « peu bizarre »

Alors que Jean-François Lisée s'apprête à affronter son premier vote de confiance à titre de chef du Parti québécois, Bernard Landry rappelle que le Parti québécois demeure imprévisible.

Un texte de Hugo Lavallée, correspondant parlementaire à Québec

Même si l'événement a eu lieu il y a plus de 12 ans, le souvenir est encore très vif dans l'esprit de Bernard Landry. Il se rappelle encore chaque détail des minutes ayant précédé le dévoilement des résultats du vote de confiance, qui a abruptement mis fin à sa carrière le 4 juin 2005.

« J'ouvre la porte du bureau où [mes adjoints] se trouvent et mon bras droit et mon ami politique le plus intime me dit : ''c'est pas bon''. Et là, part une longue aventure de démolition de mon avenir : ''ce ne sera pas bon, ce ne sera pas gérable, Pauline [Marois] va te faire la guerre''. Enfin, n'importe quoi. Pas un mot positif et tout mon entourage immédiat [...] voulait que je m'en aille. Alors, je me suis dit : ''moi, si je m'accroche, je ne prends pas le bien du pays, je prends mon intérêt personnel''. Alors j'ai posé le geste qu'il fallait, qui m'a fait évidemment très mal au coeur. J'adorais ce métier, j'adorais ce parti », confie M. Landry.

Il affirme pourtant qu'il avait fait ses devoirs dans les mois ayant précédé la tenue du vote. « J'ai fait le tour du Québec, j'ai été dans toutes les régions, j'ai discuté avec beaucoup de monde », énumère l'ancien premier ministre.

Avec 76,2 % d'appuis, il aurait pu choisir de rester - comme l'avait fait son prédécesseur Lucien Bouchard en 1996, avec 76,7 % -, mais ses conseillers l'en ont dissuadé, affirme-t-il.

« Je ne comprends pas encore, mais en tout cas, je ne leur en veux pas, ils ont fait ça pour le bien du pays, j'espère », ajoute-t-il. Même si de nombreuses années se sont écoulées depuis, la douleur demeure vive.

Un parti « un peu bizarre »

À la veille du vote de confiance auquel sera confronté Jean-François Lisée, Bernard Landry refuse de se prononcer sur ce qui constituerait un résultat acceptable pour son successeur. Il se permet néanmoins de mettre en contexte la manière dont devra être interprété le résultat.

« [...] Après le vote de confiance où je n'ai pas eu le niveau que je souhaitais, beaucoup de gens sont venus me voir pour dire : ''on ne voulait pas que tu t'en ailles [mais] on ne voulait pas que tu sois trop fort''. Tu vois la mentalité du PQ, il faut que le chef soit évidemment équilibré par les militants, ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi, mais moi, ça ne m'a pas aidé », raconte l'ancien chef péquiste.

En 2005, des militants voulant restreindre l'accès aux cégeps de langue anglaise avaient refusé d'accorder leur confiance à Bernard Landry, qui avait exprimé des réserves sur l'idée. Leur refus de l'appuyer aura fait pencher la balance. « J'en suis sûr », dit-il.

L'enjeu de l'accès aux cégeps anglophones qui promet, encore cette fois-ci, d'être au coeur des débats pourrait-il à nouveau faire pencher la balance?

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine