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Vote de confiance : le PQ est un parti « un peu bizarre »

Ce commentaire de Bernard Landry est un euphémisme. Son prédécesseur, Lucien Bouchard, voyait le Parti québécois comme une espèce d'ogre, bouffeur de chefs. Un chef du PQ est toujours à risque d'une fronde qui vient dans l'angle mort. Les péquistes ont les défauts de leurs qualités. Ils sont des militants convaincus et passionnés, souvent pas assez pragmatiques et calculateurs. Jean-François Lisée se soumet donc à un vote de confiance obligatoire. Se fera-t-il avaler par l'ogre? Probablement pas.

Une analyse de Sébastien Bovet

« Probablement » pas? Oui. Le « probablement » est guidé par une douzaine d’années d’expérience sur la colline du Parlement et par une prudence de Sioux.

Rappelez-vous : le PQ est un parti un peu bizarre. Mais je serais le premier surpris si Jean-François Lisée ne passait pas le test.

Réglons une question tout de suite. « Passer le test », ça veut dire obtenir plus de 80 % d’appuis. Plus bas, il se rapprocherait trop du 76,2 % obtenu par Bernard Landry qui l’avait incité à claquer la porte. Les comparaisons avec M. Landry seraient inévitables.

D’accord, M. Landry le regrette amèrement. Il jette la faute sur ses conseillers. S’il pouvait réécrire l’histoire, il ferait les choses autrement.

Le problème, c’est qu’au fil des ans, son résultat est devenu la valeur étalon du plancher d’appuis. Lucien Bouchard avait obtenu 76,7 % et il était passé à un cheveu d’abandonner le navire. À un an des élections, un résultat en dessous de 80 % provoquerait des murmures sur la force du leadership de M. Lisée.

Plus pragmatiques qu’émotifs

Et c’est là l’enjeu de ce vote de confiance : le message d’unité, de solidarité et d’appui au chef à un an des élections.

Troisième dans les sondages, le Parti québécois ne peut pas apparaître affaibli ou divisé. Ce serait catastrophique. Cela ne veut pas dire que les militants doivent donner le Bon Dieu sans confession à leur chef.

Mais ils ont démontré qu’ils étaient capables de faire des compromis, sur la question référendaire notamment, ce qui aurait été impensable il y a quelques années à peine. Le report de la démarche référendaire était un calcul stratégique pour amadouer des électeurs craintifs. À première vue, ce pari risqué n’a pas encore rapporté.

C’est maintenant au tour du chef de faire un pas vers ses militants. Et il pense l’avoir fait sur la question des cégeps anglophones. Il faisait un peu le grand écart entre la volonté de certains militants d’appliquer la loi 101 aux cégeps et sa crainte qu’une telle mesure ne plaise pas aux jeunes électeurs désireux de fréquenter des établissements anglophones.

Une résolution qui sera débattue ce matin semble avoir atteint le point d’équilibre. Inciter les étudiants à fréquenter une institution francophone en leur promettant qu’ils pourront y apprendre l’anglais comme ils le désirent. Même le farouche Marc Laviolette s’est rallié. « Peu importe que le chat soit noir ou blanc tant qu’il attrape des souris », nous a-t-il dit.

Reste que le PQ est troisième dans les sondages. Des militants déçus pourraient lier cette baisse de popularité au travail de leur chef et retirer leur confiance à Jean-François Lisée. Ce courant de pensée semble par contre fortement minoritaire.

Il est donc probable que Jean-François Lisée ne se fera pas avaler par l’ogre...

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