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Votre poulet a-t-il été bien traité avant d'aboutir dans votre assiette?

Les images choquantes d'employés d'une ferme de la vallée du Fraser en Colombie-Britannique qui maltraiteraient des poules diffusées par le groupe Mercy for Animals mardi peuvent pousser les consommateurs à se demander si les animaux qu'ils consomment ont été traités avec compassion. Mais est-ce possible?

L'état actuel de l'industrie permet difficilement de retracer la provenance de la viande consommée, encore plus si elle est en morceaux, indique Sylvain Charlebois, professeur en distribution et politique agroalimentaire à l'Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse.

« Quand on parle de cuisses de poulet, de poitrines, d'ailes, ça peut venir de plusieurs fermes », explique-t-il. « Il y a des maillons de la chaîne qui communiquent très mal alors d'assurer une traçabilité transversale pour garantir le consommateur de la provenance de l'animal, c'est toujours difficile », ajoute le professeur.

L'expert en sécurité alimentaire soutient que « la protéine animale est en crise depuis une dizaine d'années en partie due aux études qui remettent en question ses bienfaits pour la santé humaine, sa production accusée de nuire au développement durable » et que des cas de maltraitance comme celui présumé à la ferme Elite Farm Services d'Abbotsford affaiblissent la confiance du consommateur.

Victor Straatman, fondateur de l'entreprise vancouvéroise de vente de viande éthique MeatMe.ca, croit que le consommateur doit faire ses devoirs s'il veut consommer une viande issue d'une production sensible au bien-être animal.

M. Straatman croit qu'il est toutefois difficile pour les consommateurs d'aujourd'hui de visiter les fermes et d'avoir une pleine certitude de la façon dont les animaux sont traités en tout temps.

« L'étiquetage peut parfois porter à confusion », dit-il. Certains consommateurs assument, selon lui, que « l'appellation biologique, par exemple, veut automatiquement dire que l'animal a été bien traité alors qu'il n'y a aucun lien ».

Il suggère de s'approvisionner directement dans des points de vente où il est possible de rencontrer les fermiers ou d'encourager des marchands qui visitent les fermes et s'assurent que les animaux ont été traités avec compassion.

L'industrie se défend

« C'est un cas isolé et c'est inacceptable », assurent les Producteurs de poulet du Canada, qui soutiennent que si un de leurs 2800 membres ne respecte pas le Programme de soins aux animaux, il sera passible de sanctions.

Sylvain Charlebois croit que l'industrie doit aller plus loin pour rassurer le consommateur. « Une des solutions plus probantes c'est d'avoir des caméras et on le voit de plus en plus, les transformateurs dans le domaine agroalimentaire qui installent des caméras avec le consentement des employés pour une question de transparence. »

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