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Voyage de la dernière chance pour des Québécois atteints d’un cancer incurable

Ils ont 40, 50, 60 ans. Ils sont originaires de Montréal, Québec, Drummondville ou Trois-Rivières. Tous ont en commun des cancers incurables, et plus que quelques mois à vivre. Selon leurs médecins, le système de santé n'a plus rien à leur offrir, outre la chimio palliative.

Un texte de Tamara Alteresco à Francfort

« J'ai reçu le diagnostic au mois de mars, cancer du pancréas, raconte Daniel Léveillé. C'était fatal, 5 à 6 mois de vie, selon la moyenne. C'est une moyenne ça. C'est comme ça qu'il nous l'a dit. Et qu'il n'y avait rien à faire... au Québec. »

Daniel Léveillé a 46 ans et deux adolescents.

Nous l'avons rencontré avec sa femme, Sylvie Larivière, à l'hôpital universitaire Goethe à Francfort, en Allemagne. C'est leur troisième séjour à la clinique du docteur Thomas Vogl, où plus d'une centaine de Canadiens, en majorité des Québécois, ont été traités depuis les trois dernières années.

Gagner de précieuses années de vie

Daniel Léveillé s'ajoute à une longue liste de patients qui ont dépensé des dizaines de milliers de dollars pour recevoir les traitements alternatifs à Francfort.

Ces patients affirment avoir déjoué les pronostics en survivant mieux, et quelques années de plus, malgré des cancers foudroyants.

Un réseau bien organisé de patients québécois s'est développé au fil des ans par le bouche-à-oreille. Ils ont leur page Facebook, leur site Internet. Ils font aussi appel à leur communauté en organisant des activités de financement aux quatre coins de la province. La plupart ont aussi recours au sociofinancement pour combler leur manque.

Les traitements en deux phases

« Nous sommes des spécialistes de la radiologie et de l'oncologie interventionnelles, explique le Dr Thomas Vogl. Nous utilisons des traitements qui attaquent directement la tumeur dans l'espoir de la détruire. »

Les procédures sont moins brutales que la chimiothérapie traditionnelle.

Il y a d'abord la chimio-embolisation, qui consiste à insérer, à l'aide d'un cathéter, le médicament dans l'artère qui alimente la tumeur, jumelé à des particules qui bloquent la circulation sanguine. Et ce, dans l'espoir de ralentir la progression de la tumeur.

Il y a ensuite la thermoablation, et le laser utilisé à cette fin par le Dr Vogl n'est pas homologué au Canada.

Selon le Dr Vogl , près de 60 % de ses patients ont vu la taille de leur tumeur diminuer.

Des Canadiens « très courageux »

Dans la salle d'attente du professeur Thomas Vogl, une dizaine de patients sont assis. Daniel n'est pas le seul Canadien. Un homme de la région de Québec, qui souffre du cancer du poumon, sort lui aussi d'une séance de chimio-embolisation.

« Il arrive parfois que la salle au complet soit remplie de Canadiens; ce sont des gens très courageux », affirme le Dr Ryan Alaoui.

Le Dr Ryan Alaoui est un des rares médecins étrangers qui suit une formation avec le Dr Vogl. Ce Canadien est un point de contact crucial pour ces touristes médicaux du Québec.

Manque de preuves scientifiques

Bien que les techniques utilisées par le Dr Vogl fassent l'objet de recherche dans plusieurs pays, les études cruciales dites de phase 3 n'ont pas été complétées. Ces études comparatives à l'aveugle sont nécessaires pour convaincre le corps médical de leur efficacité.

« Mais vous ne me verrez jamais reprocher à quelqu'un d'avoir tenté sa chance dans ce domaine, affirme Gaétan Barrette. Je les comprends. Pour moi, ce qui compte, c'est le consentement éclairé. »

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