Retour

Washington confirme son retrait de l'Accord de Paris, mais laisse une porte ouverte

Les États-Unis ont avisé par écrit les Nations unies, vendredi, de leur intention de se retirer de l'Accord de Paris sur le climat, tout en affirmant être encore ouverts à une renégociation de l'entente.

« Comme l’a affirmé le président [Donald Trump] le 1er juin, il est ouvert à s’engager de nouveau dans l’Accord de Paris, signé en décembre 2015 par 195 pays, si les conditions sont plus favorables aux États-Unis, autant pour leurs compagnies que pour leurs travailleurs », a fait savoir le département d’État américain par communiqué.Tout au long de la procédure de retrait, qui devrait durer au moins trois ans, les États-Unis comptent ainsi participer aux prochaines rencontres qui porteront sur la question des changements climatiques, comme la 23e conférence annuelle de l’ONU, la COP23, qui se tiendra en novembre à Bonn, en Allemagne. Washington s'est en même temps dit ouvert à une renégociation de l'Accord de Paris.

« Cette participation inclura les négociations en cours sur les lignes directrices pour mettre en œuvre l’Accord de Paris », mentionne le département d’État.

Mais selon les termes de l'Accord, la notification officielle du retrait ne pourra se faire que trois ans après son entrée en vigueur, le 4 novembre 2016. Les États-Unis ne pourront donc procéder officiellement qu'à la fin de 2019 et devront alors en plus donner un préavis d'un an avant de pouvoir être réellement libérés des engagements pris à Paris.

Donald Trump a réalisé une de ses promesses électorales en annonçant en juin dernier que les États-Unis se retireraient de l’Accord de Paris, qu’il a qualifié d'« inéquitable » et de « nuisible pour les travailleurs américains ». La promesse qu'il avait faite visait surtout les États du Midwest, des Appalaches et de l’Ouest, qui dépendent davantage du charbon.

Mais en visite dans la capitale française en juillet, M. Trump avait noté que sa décision n'était pas nécessairement définitive. « Quelque chose peut encore se produire sur l'Accord de Paris », avait-il déclaré.

Le nouveau président français, Emmanuel Macron, s'en était attribué une part de crédit. « Donald Trump m'a écouté, avait-il dit. Il a compris le sens de ma démarche, notamment le lien qui existe entre réchauffement climatique et terrorisme. Il m'a dit qu'il allait essayer de trouver une solution dans les prochains mois. »

Décision impopulaire

La décision de Donald Trump était soutenue par la majorité républicaine. Son leader au Sénat, Mitch McConnell, s'était réjoui d'une « nouvelle défaite pour les attaques du gouvernement Obama contre la production américaine d'énergie et contre l'emploi ».

Cependant, elle a été au contraire largement condamnée, notamment par de nombreux dirigeants d'entreprise d'après qui il s'agit d'une occasion ratée de créer de la richesse grâce à la production d'énergie propre. Même une des filles de M. Trump, Ivanka, s'y opposait.

Devant cette déception, le secrétaire d'État, Rex Tillerson, a assuré que Washington va néanmoins poursuivre ses efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

L'Accord de Paris, dont la mise en œuvre doit prendre plusieurs années, voit les pays riches comme les pays pauvres s'engager à limiter leurs émissions de GES pour limiter à bien moins que 2 °C l'augmentation moyenne de la température de la planète par rapport aux niveaux préindustriels. Selon bon nombre d'experts, s'il dépasse 2 °C, le réchauffement climatique aura des conséquences désastreuses.

Le Canada et une coalition de petits États particulièrement menacés par la montée des océans ont même revendiqué un seuil de 1,5 °C. L'Accord encourage donc la poursuite des efforts pour « limiter la hausse des températures à 1,5 °C, en reconnaissant que cela réduirait significativement les risques et impacts du changement climatique ».

L'Accord n'est cependant pas contraignant. Il s'agit plutôt d'une entente de principe, dont les pays signataires soumettent la cible de réduction des émissions qu’ils veulent bien soumettre.

Mais les cibles qu'avait fixées l'administration de Barack Obama étaient plutôt ambitieuses : ramener les émissions de gaz de 26 % à 28 % en deçà des niveaux de 2005 avant 2025. Washington promettait aussi d'octroyer 3 milliards de dollars aux pays en voie de développement afin de les aider à combattre les changements climatiques.

Plus d'articles

Commentaires