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Washington et Pyongyang s'accusent mutuellement d'exacerber les tensions dans la péninsule coréenne

Tandis que Pyongyang accuse les États-Unis de « conduire la péninsule coréenne à l'explosion » en multipliant les exercices militaires avec la Corée du Sud, le président américain Donald Trump réplique que toutes les options sont sur la table au lendemain d'un nouveau tir de missile nord-coréen, lundi, qui a survolé le Japon.

La confirmation de Pyongyang est venue par la voix de Kim Jong-un. « Le tir expérimental de fusée balistique est la première étape des opérations militaires de la RPDC dans le Pacifique et un préalable significatif au confinement de Guam », a déclaré le dirigeant nord-coréen, cité par l'agence de presse officielle KCNA.

L’ambassadeur de la Corée du Nord à l’ONU, Han Tae-song, avait affirmé, plus tôt dans la journée, que les tensions géopolitiques dans la péninsule coréenne étaient entièrement dues à l’attitude des États-Unis dans la région.

« Maintenant que les États-Unis ont ouvertement déclaré leur hostilité à l’égard de la République populaire démocratique de Corée en procédant à des exercices militaires agressifs [avec la Corée du Sud] en dépit des avertissements répétés, mon pays est en droit de recourir à de fermes contre-mesures et d’exercer son droit à l’autodéfense », a-t-il déclaré à la Conférence sur le désarmement de l'ONU, à Genève.

Selon le diplomate, ces exercices militaires communs font monter la tension à « un degré extrême d’explosion » dans la péninsule coréenne.

Lundi, la Corée du Nord a procédé à l'essai d'un missile balistique de portée intermédiaire au-dessus de l’île japonaise d'Hokkaido. L’engin a survolé le Japon à haute altitude et a terminé sa course dans le Pacifique, à quelque 1000 kilomètres des côtes japonaises.

Tokyo, qui avait promis d’abattre tout missile nord-coréen qui survolerait le Japon, affirme ne pas l'avoir abattu après avoir estimé qu’il n’y avait pas de risque qu’il s’écrase sur son territoire.

Le Conseil de sécurité de l’ONU condamne et presse Pyongyang de cesser ses tirs

Un texte du Conseil de sécurité des Nations unies, qui devait être adopté en soirée, exige de la Corée du Nord de cesser immédiatement tout tir de missile balistique, en rappelant que l’attitude de Pyongyang est une menace pour tous les membres de l'ONU. Le Conseil appelle également Pyongyang à se conformer aux nombreuses résolutions onusiennes.

Au début du mois d’août, le Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, après le tir expérimental de deux missiles de longue portée théoriquement capables d’atteindre les côtes de l’Alaska.

Dans un communiqué publié mardi matin par la Maison-Blanche, le président américain Donald Trump déplore le « mépris » de la Corée du Nord pour ses voisins, pour l’ONU et les « normes minimales de comportement international acceptable ».

Selon le premier ministre japonais Shinzo Abe, Donald Trump aurait assuré le Japon de son soutien « à 100% », lors d’une conversation téléphonique lundi.

D'après l'agence de presse sud-coréenne Yonhap, les chefs d'état-major des armées américaines et sud-coréennes auraient décidé de répondre au tir nord-coréen en prenant éventuellement des mesures militaires.

La présidence sud-coréenne a également annoncé, dans la foulée du tir nord-coréen, que des avions de chasse avaient décollé de leur base pour réaliser des exercices.

Appel au calme de Pékin et Moscou

Ce nouveau tir de la Corée du Nord préoccupe bien entendu la Chine, qui estime que la crise a franchi lundi « un tournant » dans la péninsule coréenne.

Allié historique de la Corée du Nord, Pékin a appelé les parties à éviter toute nouvelle provocation et a réitéré son appel en faveur d’un « double moratoire » soit l’arrêt des tirs de missiles nord-coréens et la fin des exercices militaires communs des États-Unis et de la Corée du Sud.

Pour Pékin, il est encore temps de relancer les efforts de paix entre les deux Corées avant que la situation ne s’envenime davantage.

De son côté, la Russie s'est dite « extrêmement préoccupée » par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qui a dénoncé la « tendance à l’escalade » des tensions dans la péninsule coréenne.

Selon Moscou, qui appelle les parties à la retenue, les importantes manœuvres militaires que mènent les États-Unis et la Corée du Sud dans la région n’ont servi qu’à provoquer la Corée du Nord.

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