Retour

Winston Blackmore et James Oler reconnus coupables de polygamie

Winston Blackmore et James Oler sont reconnus coupables de polygamie, selon un jugement rendu lundi par la juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Sheri Ann Donegan.

Winston Blackmore et James Oler, qui ont dirigé deux sectes distinctes dans la communauté de Bountiful, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, étaient accusés d’avoir de nombreuses épouses. Dans le cas de Winston Blackmore, le procureur de la province en a dénombré 27, avec lesquelles il aurait eu plus de 145 enfants.

Dans le cas de James Oler, il aurait épousé 5  femmes, mais le nombre de ses enfants est inconnu.

La décision est rendue au terme d’un procès au cours duquel des experts de la religion mormone, des membres des forces de l’ordre et une ex-femme de Winston Blackmore, Jane Blackmore, ont témoigné. Cette dernière a quitté la communauté en 2003.

Une longue lutte devant les tribunaux

La bataille juridique entre les autorités canadiennes et les deux hommes remontent au début des années 1990 quand la police a commencé à enquêter sur des allégations selon lesquelles la communauté pratiquait des « mariages célestes ». Un manque de clarté au sujet des lois entourant la polygamie au Canada a entraîné des retards importants dans cette affaire.

La loi qui interdit la polygamie conforme à la Charte

La Colombie-Britannique avait d’ailleurs demandé à la Cour suprême provinciale un avis juridique au sujet de la légalité de la polygamie. Elle cherchait à savoir s’il s’agissait d’une pratique condamnable en vertu du Code criminel ou permise au nom de la liberté de religion. En 2011, la Cour suprême provinciale a finalement tranché en disant que la loi interdisant la polygamie respecte la Charte canadienne des droits et libertés.

« C’est la bonne décision. J’ai toujours pensé que cette polygamie était offensante pour les femmes et les enfants concernés par ces mariages à Bountiful », a lancé Wally Oppal, l’ancien ministre de la Justice sous lequel des démarches judiciaires avaient été entreprises en 2006 contre les deux hommes. « Les implications sont que la section du Code criminel qui traite de la polygamie est encore une loi valide », a-t-il ajouté.

La bataille pourrait se poursuivre

L’avocat de Winston Blackmore, Blair Suffredine, a déjà déclaré qu’il entreprendra des démarches pour contester la validité constitutionnelle des lois sur la polygamie.

Marie-Andrée Pelland, professeure de criminologie à l’Université de Moncton, pense que l’affaire se rendra en Cour suprême du pays. La spécialiste a visité la communauté de Bountiful en 2005 à l’invitation de ses membres. « Les actions que la société extérieure a envers eux, c’est un peu comme un test de leur loyauté, de leur foi envers la religion mormone fondamentaliste, explique la spécialiste. Initialement, ils voient ça d’un bon oeil parce que c’est une occasion de prouver leur engagement. »

Winston Blackmore a été excommunié de la secte en 2002 par Warren Jeffs, l’homme à la tête de l’Église fondamentaliste de Jésus-Christ des saints des derniers jours. Ce dernier est en prison au Texas pour avoir agressé sexuellement deux de ses épouses enfants.

Plus tôt cette année, deux membres de la communauté mormone de Bountiful ont de leur côté été reconnus coupables d'avoir traversé la frontière avec une fille de 13 ans dans le but d'avoir des contacts sexuels violant le Code criminel.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine