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Xavier Dolan sacré meilleur réalisateur aux Césars

Xavier Dolan a ravi vendredi le César du meilleur réalisateur pour Juste la fin du monde, qui a remporté au total trois récompenses lors de la 42e cérémonie des prix du cinéma français. Un peu plus tôt, Niels Schneider, acteur québécois né en France, a gagné le César du meilleur espoir masculin.

Un texte d'Antoine Aubert

Je suis très touché par votre témoignage, ce soir, parmi tous ces talents qui brillent, qui m'impressionnent.

Xavier Dolan

« Depuis environ 10 ans, depuis le tout début, les Français m'ont toujours fait une place », a déclaré, la voix tremblante, Xavier Dolan, au moment de recevoir le César du meilleur réalisateur.

Il rejoint le cinéaste québécois Denys Arcand, sacré meilleur réalisateur en 2004 pour Les invasions barbares.

Le metteur en scène de 27 ans est rapidement remonté sur scène pour recevoir, au nom de Gaspard Ulliel, le César du meilleur acteur. Celui qui interprète le rôle principal dans Juste la fin du monde était absent de la cérémonie à cause d'un tournage. Xavier Dolan a lu sur scène le message de remerciement du Français, qui était aussi une belle déclaration au cinéaste québécois.

Ce regard que tu poses sur tes comédiens n'a pas d'équivalent. [...] Notre rencontre que j'ai longtemps fantasmée comme un immanquable rendez-vous sans jamais oser le convoiter m'apparaît aujourd'hui comme une heureuse évidence.

Gaspard Ulliel à Xavier Dolan

Auparavant, Xavier Dolan avait semblé particulièrement étonné de sa victoire pour le meilleur montage, qu'il a qualifiée d'« inattendue ». « Je suis déconfit. C'est un honneur d'être nommé aux côtés de techniciens plus expérimentés », a-t-il déclaré.

Juste la fin du monde a en revanche échoué à obtenir le prix du meilleur film étranger, face à Moi, Daniel Blake, de Ken Loach, Palme d’or lors du dernier Festival de Cannes.

Niels Schneider très ému

Le prix du meilleur espoir masculin attribué à Niels Schneider n'est pas une surprise, puisque l'acteur de 29 ans était donné favori dans cette catégorie. Sa prestation dans le thriller Diamant noir a reçu de nombreux éloges en France.

Le gagnant s'est montré très ému lors de son discours de remerciement : « Quand j'avais 16 ans, j'étais vraiment perdu et j'étais convaincu précocement de l'inaccessibilité de cette profession. Merci donc à ceux qui m'ont prouvé le contraire, qui ont combattu mon scepticisme, particulièrement à mon père qui l'a prouvé encore ce soir en prenant l'avion de Montréal pour être à mes côtés. »

Un peu plus tard, en entrevue avec Radio-Canada, Niels Schneider semblait toujours sur son nuage.

Là c’est le temps de la fête, on va boire, on va danser. Je vais mettre quelques jours avant de réaliser.

Niels Schneider

Particulièrement heureux que ce premier César lui soit attribué pour le film d’Arthur Harari, Niels Schneider a parlé d'une « expérience idyllique ». « On a répété quatre mois avant le tournage, ce qui arrive très peu. Ce film avec lui a été quelque chose de rare », a-t-il raconté.

Niels Schneider s’est dit également « tellement heureux » pour Xavier Dolan, dont il a salué le « discours merveilleux ». Les deux hommes, qui ont travaillé ensemble pour J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires, ont eu l’occasion de se croiser pour se féliciter au cours de la cérémonie.

En revanche, il n'y a pas eu de César pour Gabriel Arcand, nommé dans la catégorie du meilleur acteur dans un second rôle pour Le fils de Jean. Le prix est revenu au Suisse James Thierrée (Chocolat).

Elle récompensé

Elle, de Paul Verhoeven, a été sacré meilleur film. Isabelle Huppert, qui campe une femme violée avide de vengeance dans ce long métrage, a décroché le César de la meilleure actrice, après avoir déjà remporté un Golden Globe pour le même rôle. Elle est également nommée aux Oscars dimanche.

Le film Divines est l'un des autres grands gagnants de la soirée. En plus du César du meilleur premier film, deux de ses interprètes ont été récompensées (Oulaya Amamra comme meilleur espoir féminin et Déborah Lukumuena comme meilleure actrice dans un second rôle).

Les 42es Césars ont aussi été l'occasion de décerner un César d'honneur à l'acteur américain George Clooney. Ce dernier a attaqué la politique de Donald Trump, parlant d'une « situation de peur. La faute n'est pas dans les étoiles, mais en nous-mêmes. »

Par ailleurs, un hommage a été rendu à la carrière de la légende du cinéma français Jean-Paul Belmondo. Le comédien a eu droit à une ovation de plusieurs minutes alors qu'il se trouvait sur scène, entouré de stars qui ont tourné avec lui (Claudia Cardinale, Claude Brasseur ou encore Françoise Fabian).

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