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Zaz et le Québec : « Je me sens bien ici, libre, à ma place »

Zaz reste Zaz. Parfois critiqués, son caractère bien trempé et son message humaniste, qui a fait le tour du monde depuis la sortie de son premier album en 2010, constituent toujours sa marque de fabrique, en entrevue comme dans ses chansons. Elle sera au Québec pour deux concerts : au Centre Vidéotron de Québec le 27 avril, puis au Centre Bell de Montréal deux jours plus tard.

Un texte d'Antoine Aubert

« Ce sont des salles vachement plus grandes que celles où j'avais chanté la dernière fois au Québec », s’est enthousiasmée l’artiste de 36 ans en entrevue. L’an passé, Zaz avait fait un arrêt à la salle Wilfrid-Pelletier, à Montréal, et un au Grand Théâtre de Québec pour faire notamment la promotion de son album de reprises de chansons sur Paris.

Dans quelques jours, ses admirateurs de Québec et de Montréal auront droit à des titres tirés de ses trois opus, réarrangés pour l’occasion. « Il y aura même du dubstep, et nous avons de la place pour des installations vidéo. Ça n’a rien à voir avec les autres spectacles. »

Lisa LeBlanc, comment ne pas l’adorer?

Selon les dernières rumeurs, la chanteuse Lisa LeBlanc devrait pointer le bout de son nez le temps d’un duo. « Je n’ai jamais annoncé ça, si elle vient, ce sera une surprise », déclare la Française, un sourire amusé dans la voix qui laisse entendre que la rencontre aura bien lieu.

Elle ne fait pas mystère, en revanche, de son admiration pour la Néo-Brunswickoise. « Comment ne pas l’adorer? Elle a une telle énergie brute, pétillante. Elle est authentique », explique Zaz. On lui accole à elle aussi ces adjectifs depuis son éclosion, en 2010, avec le titre Je veux. Avec sa voix rocailleuse reconnaissable entre mille, que certains ont comparée à celle d'Édith Piaf, elle affirmait n’avoir rien à faire de l’argent et de la langue de bois, préférant sa liberté, « parler fort » et « crever la main sur le cœur ».

Cette image de « grande gueule » bohème lui a causé quelques tracas. Accusée de faire de la démagogie à coups de bons sentiments, on lui a reproché d'être entrée dans le système tout en affirmant haut et fort qu’elle ne l’aimait pas. Par ailleurs, la jeune femme a été, à plusieurs reprises, moquée pour son physique et son style vestimentaire, un peu de la même manière que Safia Nolin récemment au Québec. Sur cet aspect plutôt violent de la popularité, l’intéressée dit être parvenue à prendre du recul.

Elle perçoit aussi dans ces critiques le manque de confiance en soi qui règne chez les Français. « Quand on sent comme ça, on se met facilement à juger l’autre. »

Pause et nouvel album

Voilà pourquoi elle apprécie tant le Québec, où elle rêve d’habiter. « J’y suis venue m’y ressourcer l’an passé, pendant un mois. Nous sommes allés en Gaspésie. Je me sens bien ici, libre, à ma place. Il y a un côté "nous" et non pas "je". »

Après Québec et Montréal, Zaz s’envolera pour le Japon, pour une série de concerts qui marquera la fin de sa tournée mondiale. Deux dates importantes se trouveront encore inscrites à son emploi du temps : l’organisation de son premier festival écocitoyen, les 8 et 9 juillet 2017, au château de Crussol, en Ardèche.

« Ça fait longtemps que je voulais faire ça. Il y aura des forums de discussion, où l’on proposera des solutions, mais il y aura aussi de la musique », explique l’artiste engagée. Elle souhaitait voter pour le « changement » à gauche lors de notre entrevue, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Après l’événement estival, il sera temps pour la chanteuse de prendre une longue pause, une première pour elle. La durée de cet arrêt est indéterminée, mais il comprendra un tour du monde et des rencontres avec de nouveaux compositeurs et auteurs. Un quatrième album figure dans ses plans. Néanmoins, Zaz veut prendre son temps : « Nous avons parlé d’une date avec la maison de disque, mais en fin de compte, nous le ferons quand j’en aurai envie. »

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