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Zones de pêche : Ottawa demeure ferme, les pêcheurs sont déçus

Le ministre des Pêches et des Océans, Dominic LeBlanc a rencontré des délégués de l'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) vendredi matin, à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Un texte d'Alix Villeneuve et Pierre-Philippe LeBlanc

Le ministre campe sur ses positions : la possibilité que le Canada perde des marchés à l'étranger s'il ne protège pas efficacement les baleines noires est bien réelle, souligne-t-il. D'où la nécessité, selon lui, de fermer complètement les zones de pêche, même en eaux peu profondes.

Malgré les tensions des derniers jours, la discussion avec les représentants de l'Union des pêcheurs des Maritimes a été positive, juge le ministre.

L’UPM, ce sont des gens avec lesquels je suis habitué de travailler. [...] J’ai expliqué de nouveau en détail pourquoi nous n’avons pas pu retenir leurs propositions, affirme-t-il.

L’UPM déçue

Interpellé à la sortie de la rencontre, Martin Mallet, directeur à l’UPM, s’est plutôt dit déçu qu’aucune des solutions proposées par les pêcheurs n’ait été retenue.

On est déçus, on a fait plusieurs demandes dans les dernières semaines pour essayer de trouver un ajustement, explique-t-il.

Le directeur affirme avoir été clair avec le ministre : l’année prochaine des solutions doivent être apportées.

Les discussions continuent

Toujours en vue d’éviter qu’une situation semblable ne se reproduise, Martin Mallet affirme que les discussions avec le ministère continuent. On ne peut pas ne pas faire partie de la solution.

[Il faut] un plan de pêche qui comprend un juste milieu entre les besoins de la pêche côtière, les communautés côtières et la protection des baleines, ajoute-t-il ensuite.

Il espère que des leçons seront tirées des décisions qui ont été prises cette année.

L’international nous regarde, répète Martin Mallet

Le directeur de l’UPM a semblé partager certaines inquiétudes évoquées par Dominic LeBlanc pour motiver sa décision de fermer les zones de pêche.

Avec tout ce qui se passe aux États-Unis, avec les fermetures de marchés et les tarifs qui sont ajoutés toutes les semaines dernièrement, c’est certainement quelque chose qu’il faut qu’on regarde, a-t-il affirmé lui aussi.

Il souligne que la communauté internationale regarde à la loupe l’industrie de la pêche dans le golfe.

La crise de la baleine est réelle, affirme-t-il sans détour. Il faut trouver une solution à la question des empêtrements.

D’autres fermetures de zone de pêche pourraient survenir si des baleines y sont observées au cours du reste de la saison, souligne le directeur de l’UPM.

Pressions étrangères, mécontentement local

Des sénateurs américains ont menacé de mettre un embargo sur les produits canadiens de la mer si les pêcheurs ne respectent pas des normes de protection de la baleine noire aussi rigoureuses que celles imposées à leurs homologues américains.

La solution à long terme, ce n’est pas de ruiner l’industrie des poissons et des fruits de mer canadiens en fermant des marchés internationaux. Si on veut trouver la meilleure façon à long terme de ruiner une industrie qui vaut sept milliards de dollars ou plus en termes d’exportation, c’est de ne pas rester ferme sur les mesures scientifiques que nous avons mises sur pied cette année, a expliqué le ministre.

Cependant, le ministre de l'Agriculture, des Mines et des Affaires rurales du Nouveau-Brunswick, Wilfred Roussel, se range pour sa part derrière les pêcheurs. Selon lui, le gouvernement du Canada s'est plié aux exigences des États-Unis, ce qui a provoqué un chaos dans le secteur des pêches du golfe.

Des mesures compensatoires

Le gouvernement fédéral ne laisse tout de même pas tomber les communautés touchées par ces mesures, juge le ministre LeBlanc. Des mesures pour atténuer les dommages sont en route affirme-t-il.

Quant aux pêcheurs, les jours de pêche perdus pourront être remplacés. On ne va pas envisager d’envoyer une compensation financière, un chèque, aux pêcheurs, mais on peut remplacer leur accès au homard à l’automne, dit-il.

Il est aussi possible d’offrir des cours de perfectionnement professionnel aux membres de leur équipage, par exemple en mécanique, mentionne le ministre.

Avec les informations de Nicolas Pelletier

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