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12 États qui ont voté Trump seraient gravement touchés par l’abolition de l’ALENA

Les Américains, en particulier 12 États qui ont voté Donald Trump, seraient durement touchés si l'on mettait fin à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). La mise en garde provient de la Chambre de commerce des États-Unis, le plus grand lobby d'affaires américain.

C’est un véritable scénario catastrophe que prévoit la Chambre de commerce américaine et le ton est donné dès les premières phrases du rapport, qui prédit un taux de chômage en hausse et la perte de cultures qui pourrissent, faute de pouvoir être exportées au Canada ou au Mexique.

Les manufacturiers délocaliseraient leurs installations à l'étranger et les prix à la consommation augmenteraient, selon les prévisions de la Chambre.

Le Michigan, le Wisconsin, le Dakota du Nord, le Texas, le Missouri, l’Ohio, l’Iowa, l’Indiana, l’Arizona, le Nebraska, la Pennsylvanie et la Caroline du Nord figurent en tête de liste des États qui souffriraient de l’abolition de l’ALENA, indique la Chambre de commerce.

Les acteurs de l’industrie canadienne n’en pensent pas moins.

Dans le domaine du textile, par exemple, la volonté des Américains d’abolir les tarifs douaniers préférentiels pour favoriser leur industrie pourrait là aussi se retourner contre eux.

Une nouvelle liste d’exigences américaines

Malgré la mise en garde de la Chambre de commerce, le département américain du Commerce a dévoilé vendredi soir une liste d'objectifs mise à jour dans laquelle l’administration Trump se montre encore plus ferme. Les prochaines discussions seront difficiles, prévient-elle.

Le ton y est encore plus dur envers l'industrie laitière canadienne. Il y est également question des pièces de voitures et des clauses protectionnistes « Buy American ».

Pour les pièces automobiles, le document souligne la nécessité de s'assurer que les règles d'origine favorisent la production en Amérique du Nord et plus « spécifiquement aux États-Unis ».

Il est aussi question de réciprocité dans l'accès au marché des contrats publics. Cet ajout fait référence à une demande des États-Unis de limiter l'accès aux entreprises canadiennes et mexicaines à ses contrats publics. Les États-Unis veulent donner accès à la même valeur de contrats publics que celle obtenue par les entreprises américaines dans chacun des deux autres pays.

Le document propose d’éliminer les tarifs douaniers canadiens sur l'importation de produits laitiers, de volailles et d'œufs. La version précédente ne mentionnait pas spécifiquement l'élimination du système de gestion de l'offre, auquel les producteurs de lait du Québec tiennent particulièrement, mais l’administration américaine avait demandé qu'il soit démantelé d'ici 10 ans.

Ottawa et Mexico jugent ces demandes irrecevables.

À Québec, le premier ministre Philippe Couillard entend faire partie des négociations pour défendre l’accord de libre-échange. « On y sera, on va donner notre message », a-t-il affirmé.

M. Couillard explique qu’il ne veut pas défendre un système, mais « faire la promotion d’une agriculture à taille humaine ».

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