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175 pays signent l'accord sur le climat de Paris

À New York, le siège social des Nations unies a été le théâtre vendredi d'une cérémonie sans précédent, au cours de laquelle des représentants de 175 pays ont signé à tour de rôle l'accord de Paris sur le climat.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a notamment apposé sa griffe sur cette entente historique, à l'instar du secrétaire d'État américain John Kerry et du vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli. La Chine et les États-Unis sont les deux principaux pollueurs de la planète.

« C'est un moment d'histoire. Jamais auparavant un aussi grand nombre de pays n'avaient signé un accord international en une seule journée », a déclaré en français le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, en donnant un peu plus tôt le coup d'envoi de cette cérémonie depuis la tribune de l'assemblée générale de l'ONU.

Après cette déclaration d'ouverture, plus d'une douzaine de chefs d'État et de gouvernement présents, dont le premier ministre du Canada Justin Trudeau, ont défilé sur cette même tribune, chacun y allant d'une déclaration officielle traduisant ses espoirs. 

Nos « déclarations » doivent devenir des « actes » parce que, depuis la conclusion de l'accord de Paris, « l'urgence est toujours là », a notamment déclaré le président français, le premier à prendre la parole.

« Les mois qui viennent de s'écouler ont été les plus chauds de ces cent dernières années », a rappelé François Hollande pour appuyer ses propos.

Le secrétaire d'État américain John Kerry a fait valoir que la cérémonie constituait une occasion pour le monde de se « réengager » dans la lutte contre le réchauffement de la planète. Les États-Unis, a-t-il dit, vont signer et ratifier l'accord de Paris dès cette année.

Les efforts du Canada ne cesseront pas, assure Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau a pour sa part réitéré, comme il l'avait fait à Paris, que « les changements climatiques représentent un défi à relever, mais aussi une opportunité à saisir », soit celle « de bâtir une économie qui favorise une croissance propre et qui participe à la lutte contre le changement climatique, tout en créant de bons emplois bien rémunérés. »

Il a évoqué les investissements annoncés par son gouvernement pour favoriser l'émergence d'une société à faible intensité de carbone et son engagement dans Mission Innovation, qui réunit 20 pays et des investisseurs privés décidés à investir dans la recherche et le développement dans le secteur des énergies propres.

M. Trudeau a rappelé qu'Ottawa s'est engagé à verser 2,65 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour aider les pays en développement à vivre une croissance « plus propre et plus durable ».

Ces pays ont un rôle à jouer dans la lutte contre les changements climatiques, a-t-il dit, mais « ils ne devraient pas être punis pour un problème qu'ils n'ont pas créé ni être privés des occasions de développer une croissance propre, comme les pays développés cherchent à le faire ».

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Un accord sans précédent

L'accord de Paris, qui a été accepté sans objection par les 195 pays prenant part aux négociations, fixe comme objectif de maintenir la hausse des températures « bien en deçà de 2 degrés » Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, et même d'essayer de rester sous la barre de 1,5 degré.

Il s'appuie sur le principe des « responsabilités communes, mais différenciées », selon lequel les efforts demandés aux divers pays varient en fonction de leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique.

Il prévoit d'ailleurs que les pays développés fourniront des ressources financières pour venir en aide aux pays en développement à hauteur de 100 milliards de dollars par année jusqu'à 2020, où il devrait être revu à la hausse.

L'accord de Paris a été qualifié d'« historique » en raison de l'ampleur de l'appui qu'il a obtenu. À titre de comparaison, le protocole de Kyoto ne s'appliquait qu'aux pays développés, tandis que l'accord, peu contraignant, de Copenhague en 2009 comprenait 26 pays industrialisés et émergents.

L'accord de Paris doit être signé par les pays d'ici le 21 avril 2017. Il doit obtenir la ratification de 55 pays représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre pour entrer en vigueur dès 2020.

À ce sujet, le premier ministre Trudeau a indiqué que l'accord sera déposé à la Chambre des communes le mois prochain, en vue d'une ratification plus tard cette année.

À l'heure actuelle, 15 pays, de petits États insulaires pour la plupart, ont ratifié le texte.

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