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2016, « l'année la plus meurtrière » pour les migrants en Méditerranée


Plus de 300 000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour se rendre en Europe en 2016, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). « Cette année risque d'être la plus meurtrière » pour ces nombreuses personnes qui tentent de rejoindre le Vieux Continent, selon son porte-parole, William Spindler.

C'est une alerte qu'a lancée l'organisme onusien : « Le nombre de réfugiés et migrants ayant atteint les côtes européennes a dépassé la barre des 300 000 aujourd'hui », a déclaré William Spindler, lors d'un point de presse, mardi, à Genève.

Toutefois, le porte-parole nuance ses propos en relevant que « ce chiffre est nettement inférieur aux 520 000 personnes arrivées durant les neuf premiers mois de 2015. Mais il reste supérieur aux 216 054 enregistrées sur l'ensemble de l'année 2014. »

Cette baisse cache la réalité tragique de ces migrants, selon M. Spindler. « Bien que le nombre de migrants enregistrés cette année soit inférieur au bilan de 2015 (-42 %), le nombre de morts n'est que très légèrement inférieur (-15 %) à celui de l'an dernier, relève le HCR. Au total, 3211 personnes sont mortes ou ont été portées disparues en 2016. En 2015, le total enregistré était de 3771.

Un flux important vers l'Italie et la Grèce

L'Italie et la Grèce sont les deux pays européens qui reçoivent le plus de migrants. L'Italie en a reçu 130 411 durant les neuf premiers mois de cette année (contre 132 011 en 2015) composés en grande partie de Nigérians (20 %) et d'Érythréens (12 %). De surcroît, « ceux qui arrivent sont plus nombreux à y rester », remarque William Spindler. « En date d'aujourd'hui, les réclamations d'asile ont plus que doublé en Italie, en comparaison de la même période l'année dernière », ajoute-t-il.

La Grèce, qui avait accueilli 385 069 migrants et réfugiés durant les neuf premiers mois de 2015, a enregistré une baisse de 57 % cette année : le nombre d'arrivées a atteint 67 415 durant les neuf premiers mois de 2016. L'île reçoit en grande partie des migrants venus de Syrie (48 %) d'Afghanistan (25 %) et d'Irak (15 %).

Le repeuplement comme solution

Pour réduire la pression sur les deux pays, le HCR recommande le parrainage privé, la réunification familiale, des plans de bourses d'étudiants et, surtout, le repeuplement. Mais cette politique dite de relocalisation est peu suivie par les pays membres de l'Union européenne qui refusent jusqu'à présent d'accorder l'asile aux 160 000 demandeurs basés principalement en Grèce et en Italie. La Turquie, qui était même associée à cette politique, menaçait « de ne plus réadmettre de migrants » dans son pays même si elle est revenue à de meilleurs sentiments.

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