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3700 contestataires ont été arrêtés en Iran, selon un député réformateur

Quelque 3700 personnes ont été arrêtées lors du récent mouvement de contestation qui a secoué l'Iran, affirme un député de la République islamique, avançant du coup un chiffre beaucoup plus élevé que ceux évoqués jusqu'ici.

L’estimation du député réformateur Mahmoud Sadeghi a été révélée par des transcriptions de ses propos sur le site officiel du Parlement iranien, le Majlis.

L’élu y explique que différentes unités policières et de renseignements iraniennes ont arrêté des manifestants, ce qui rend toute estimation difficile. Il ne précise cependant pas d’où lui vient le chiffre qu’il avance.

Les autorités iraniennes avaient jusqu’ici fait état d’un millier de personnes arrêtées au terme de ces manifestations, tenues surtout dans des villes de province, mais aussi, dans une moindre envergure, dans la capitale, Téhéran.

La semaine dernière, le ministre iranien de l’Intérieur, Rahman Fazli, a déclaré que 42 000 personnes ont participé à ces démonstrations, qui dénonçaient la situation économique difficile du pays, tout en incluant certaines récriminations d’ordre politique.

Si le chiffre de 3700 arrestations de M. Sadeghi s’avérait, cela signifierait que près de 10 % des manifestants ont été interpellés par les forces de l’ordre.

Le nombre de protestataires toujours derrière les barreaux est inconnu. Dimanche, le procureur de Téhéran a fait savoir que 70 prévenus avaient été libérés sous caution dans les 48 heures précédentes.

Le mouvement de contestation ne fait plus les manchettes depuis la semaine dernière, mais il est difficile de savoir si cela s’explique par son essoufflement ou par l’incapacité des manifestants à diffuser leurs actions dans les médias.

De nombreuses manifestations de partisans du régime théocratique né de la Révolution islamique de 1979 ont toutefois eu lieu au cours des derniers jours. Les contestataires y ont été assimilés à des trouble-fêtes manipulés par des puissances étrangères.

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a d’ailleurs salué mardi le « mouvement massif du peuple contre le complot des ennemis » dans un discours dont l’enregistrement audio a été diffusé par les médias iraniens.

Sans surprise, il a désigné Israël, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et les Moudjahidines du peuple, principal groupe d’opposition en exil, à la vindicte populaire.

« Ils ont appelé les gens à protester en utilisant le slogan "Non à la cherté de la vie", qui plaît à tout le monde. Mais les gens, qui n’étaient pas très nombreux, se sont très vite désolidarisés lorsqu’ils se sont rendu compte des vrais objectifs » des instigateurs, a-t-il dit.

Dans un geste plutôt inhabituel, le chef de l’État a cependant convenu qu’il était légitime pour les Iraniens de se plaindre de la situation économique en Iran.

« Nous devrions faire la différence entre les revendications justes et honnêtes du peuple d’une part et les actions sauvages et destructrices d’un autre groupe », a-t-il dit.

L’ayatollah Khamenei a par ailleurs décoché une flèche en direction du président américain Donald Trump, qui a ouvertement manifesté son appui aux protestataires dans des déclarations faites sur Twitter.

« Cet homme qui dirige la Maison-Blanche – bien qu’il semble être très instable – doit réaliser que ces épisodes [de contestation] extrêmes et psychotiques ne resteront pas sans réponse », a-t-il écrit.

La santé mentale du président Trump a fait les manchettes ces derniers jours après la publication d'un livre polémique sur les premiers mois de sa présidence.

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