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48 détenus tués dans une émeute au Mexique

Une mutinerie dans une prison de Monterrey, dans le nord-est du Mexique, a fait 48 victimes parmi les détenus, en plus d'en blesser 12 autres dans des incendies allumés pour semer le chaos, confirme le gouverneur de l'État de Nuevo Leon, Jaime Rodriguez, en conférence de presse.

« Nous sommes face à une tragédie », a-t-il déclaré pour qualifier l'émeute meurtrière d'une quarantaine de minutes dans la prison de Topo Chico, déclenchée à la suite d'une bagarre entre deux bandes rivales au cours de la nuit de mercredi à jeudi.

« Ils ont utilisé des armes blanches, des battes [de baseball] et des bâtons, a précisé le gouvernement, ajoutant qu'à 3800 prisonniers, l'établissement pénitentiaire vieillissant avait atteint le double de ses capacités.

Le gouverneur Rodriguez avait d'abord confirmé un bilan de 52 morts, en comptant trois cadavres supplémentaires  qui se trouvaient « sous les décombres », selon des détenus. L'information s'est révélée fausse. Quant aux blessés, cinq d'entre eux sont toujours dans un état grave, selon les autorités.

L'identité de 40 prisonniers retrouvés morts a été confirmée. Cinq corps, réduits en cendres, de même que trois autres victimes doivent encore été identifiés.

Escouade tactique et ambulanciers ont été dépêchés à la prison où avaient été entendus des coups de feu et d'où s'échappait de la fumée, selon les images de la télévision mexicaine. Les autorités ont réussi à mater la rébellion en un peu moins de deux heures et aucun détenu ne se serait évadé, selon Jaime Rodriguez. Ce dernier a également déclaré qu'une faction menée par le cartel de narcotrafiquants des Zetas, dirigée par Juan Pedro Zaldivar Farias, et une autre de Jorge Ivan Hernandez Cantu étaient impliquées dans les violences.

Même si l'hypothèse d'une évasion a été avancée, « cela n'a pas eu lieu », selon Antonio Arguello, un responsable des communications du ministère de l'Intérieur.

À l'aube, des familles de détenus se sont massées devant la prison Topo Chico afin de protester contre le manque d'informations. Ces proches des détenus ont secoué les grilles et jeté des pierres de l'autre côté, en direction des gardiens et des policiers, réclamant l'accès à la prison.

« On va rester là et bloquer l'avenue jusqu'à ce qu'on nous donne une réponse. On veut savoir comment vont nos proches, car aucune autorité ne nous répond », a affirmé, en colère, Ernestina Grimaldo, sans nouvelles de son fils incarcéré à Topo Chico.

Les émeutes dans les prisons du Mexique sont relativement fréquentes, particulièrement dans des établissements carcéraux surpeuplés qui abritent notamment des membres de cartels de la drogue rivaux.

Un rapport de la Commission mexicaine des droits de la personne attribuait également ces violences à la corruption et au manque de ressources accordées aux prisons du pays. Il concluait d'ailleurs que 65 des 101 prisons visitées au cours de l'enquête étaient sous le contrôle des détenus et non des autorités.

En 2013, 13 détenus avaient péri et 65 autres blessés dans une prison de l'État de San Luis Potosi, alors qu'un an plus tôt, 44 détenus avaient cette fois été tués dans une autre prison de Nuevo Leon, également lors d'une tentative d'évasion qualifiée de plus meurtrière en 25 ans. Des accusations avaient alors été déposées contre trois dirigeants de la prison et 26 gardiens qui avaient aidé les détenus à s'échapper.

Six jours avant une visite papale

La mutinerie dans la prison de Topo Chico intervient à quelques jours de la visite du pape François au Mexique. Le pape doit visiter l'établissement carcéral de Cereso, à Cludad Juárez près de la frontière américaine, mercredi prochain.

Avant sa visite, il a appelé les Mexicains à combattre la corruption et le trafic de drogue. « Le Mexique de la violence, le Mexique de la corruption, le Mexique du trafic de drogue, le Mexique des cartels, ce n'est pas le Mexique que veut Notre Mère », a-t-il dit dans une vidéo diffusée la semaine dernière.

Le pape François doit se rendre à La Havane, à Cuba, vendredi, avant de se rendre au Mexique dans la soirée de la même journée.

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